Croyance Africaine


Hou, la Sagesse Eternelle et Universelle

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I- La Sagesse Eternelle et Universelle est:

  1. Pour l’Egypte ancienne, « un savoir hermétique, caché pour le commun des mortels mais complet, exhaustif, total, adéquat, droit et surtout éternel malgré les variations du temps » ;
  2. Pour le Tibet, « un savoir transcendantal, métaphysique, psychologique, intuitif, intangible et révélé qui va au-delà du mental et donc du vrai et du faux  dont l’acquisition permet à l’Homme de développer toutes ses potentialités latentes et de se transformer intégralement »;

Ce « savoir transcendantal, métaphysiqueintuitif, adéquat, droit, universel, révélé et à jamais intangible dont l’acquisition permet à l’Homme de développer toutes ses potentialités latentes et de se transformer intégralement »prend le nom de « Hou-Neter » en ancien égyptien; « Hou » en bassa; « Ehousu » en douala; « Evou » dans les langues béti; « Hokmah » en hébreux et en araméen; « Hikma » en arabe et en chaldéen;  « Sophia » en grec; « Sapientia » en latin; « Yi-King » ou la science des métamorphoses en mandarin; « Prajna » en tibétain; « Vidyâ » en hindous; « Können » en allemand,  « Sagesse » en français.

Hou-Neter s’appuie comme toutes les autres Sagesses du reste du monde sur quatre piliers : la Métaphysique, l’Hermétisme, la Science sacrée et l’Art sacré.

2- LA METAPHYSIQUE AFRICAINE consiste dans l’étude, la connaissance et les pratiques des peuples d’Afrique et de sa diaspora de Dieu et des «  Neterou » (lire nétsèrou).

– Le Neter-Neterou: Pour les Africains de tous les temps, Dieu n’est point un être humain mais l’Unité multiple parfaite, le Un en Tout et le Tout en Un c’est-à-dire le Tout qui est en tout mais qui dépasse tout, l’Absolu, la Vérité, la Vie qui a toujours été et qui sera toujours, l’Eternel. L’Egypte antique  le désigne par le vocable « Neter-Neterou » ou la Conscience des Consciences, le Principe des Principes, la Qualité des Qualités, la Vibration des Vibrations ; les Bassa du Cameroun lui donne le nom de Nyama qui est l’abréviation de «  Nyé a ma’a » c’est-à-dire en français : le Tout ou l’Infini ; les vodouisants du Bénin, Maou  ou l’innommable ; les Bamoun de l’Ouest du Cameroun, Gnigni  ou Celui qui est partout ;  les Béti-Fang-Bulu de l’Afrique équatoriale, selon qu’ils parlent la langue bulu ou éwondo, Zambeu ou Zamba qui sont respectivement les abréviations des questionnements « Za’a a mbeu ? » et « Za’a a mba ?» c’est-à-dire : « Qu’est-ce qui a (toujours) été ? » ou l’Eternel, les Ngalla-Douala du littoral du Cameroun, Djétoussé  ou Ce qui est suprême ; les Tibétains,Adibouddha et les hindouistes, Advaïta.

Le Neter-Neterou dit aux fidèles musulmans dans le saint Coran : « Connaissez-moi avant de m’adorer ». Selon Hou, la Sagesse africaine éternelle, on ne peut connaître l’Absolu qu’à travers sa création que sont les « Neterou ».

– Les Neterou: Le terme « Neter » singulier de Neterou, vient de l’Egypte antique. Les Neterou  sont les principes divins, les manifestations du Neter-Neterou, « les puissances énergétiques et hiérarchiques ou les consciences qui peuplent l’hyperespace ou l’au delà et qui ont chacun un nom et une mission à accomplir propres ».

Les Neterou sont connus dans toutes les cultures initiatiques du monde. Les hindouistes leurs donnent le nom de  « Deva », les vodouisants selon la région dans laquelle ils se trouvent, ceux de  Loa, de Vodoun ou de Onistha, les  Hébreux celui de Elohim, les chrétiens, ceux de Anges, Archanges, Séraphins, Puissances, Vertus, Trônes , Hiérarchies, Dominations, … selon le niveau de conscience acquis;  les Occidentaux, ceux de « Saint patron » ou de « dieu » alors que  les musulmans désignent les Neterou métaphysiques par les vocables : Attributs de Dieu et les Neterou cosmiques par celui de Djinn.

Hou-Neter, la Sagesse africaine éternelle les représente par les animaux, les humains ou les humains à têtes d’animaux et les regroupe dans trois catégories principales: les Neterou métaphysiques, les Neterou cosmiques et les Neterou naturels.

2-1)      Les Neterou métaphysiques sont des principes vitaux. Ils sont au delà du bien et du mal. Citons entre autres :

2-1-1)-  Les trois composantes de l’Absolu que les Tibétains appellent les trois Dhyanibouddhas:

1.      L’Absolu non manifesté ou Hou-Neter de l’Egypte antique, la Conscience divine, éternelle, universelle et mystérieuse qui est en tout ; Hou des Bassa du Cameroun, Dharmakaya des Tibétains, Prana des hindouistes, Ain  des gnostiques, …

2.      L’Absolu manifesté ou Noun-Neter de l’Egypte antique,  duquel se projette de Lui-même Atoum-Neter qui n’est rien d’autre que la première manifestation du Principe des Principes, pour accomplir son œuvre : la Création ou la Manifestation. Les Tibétains appellent l’Absolu manifesté, Samboghakaya, les Bassa du Cameroun Noun,  les hindouistes, Akash  et les gnostiques, Ain Soph .

3.      L’Absolu solaire est Ra-Neter de l’Egypte ancienne ou Djob des Bassa du Cameroun, le deuxième Logos des Grecs plus les soleils centraux de tous les mondes de l’infini. Hou-Neter, la Sagesse éternelle et universelle soutient que l’infini est constitué d’un nombre incalculable de mondes soutendus chacun par un Soleil divin. Les Tibétains appellent l’Absolu solaire, « Nirmakaya » ; les hindouistes, « Ether »  et les gnostiques, « Ain Soph Aur ».

2-1-2)- Atoum-Neter ou Toum-Neter de l’Egypte antique c’est-à-dire l’Etre de tous les Etres, le Père créateur qui est en fait la première manifestation du Principe des Principes. Les Bassa l’appellent « Hilolombi » ou le plus Ancien, les Béti-Fang-Bulu, «Ntondobe» ou Celui qui a déchiré le voile cosmique et les Kabbalistes, l’Ancien des jours;

2-1-2)- Neith-Neter, la Mère des Neterou de l’Egypte antique que les Bassa désignent par le vocable, Nyambè(cosmique) et les Asiatiques par celui de Mahakundalini;

2-1-3)- Ptah-Neter de l’Egypte ancienne qui prend pour nom fonctionnel Tatenen. Ces deux  noms de l’Esprit saint des Chrétiens correspondent respectivement chez les Bassa à Bèl ou le Générateur et à Batuupek ou le Stratège des stratèges;

2-1-4)- Ra-Neter de l’Egypte antique, la force divine, universelle et mystérieuse par laquelle tout vit, bouge, avance ou Djob des Bassa, le Souffle bénit d’Allah des musulmans.

2-2)  Les Neterou cosmiques sont des créations de la nature. Ils sont saisonniers, variables  et obéissent à la loi du bien et du mal. Les Neterou cosmiques sont par conséquent de deux  types : les Neterou cosmiques spécialisés dans le bien ou les Anges des religions révélées et les Neterou cosmiques spécialisés dans le mal ou les démons de ces dernières.  Citons entre autres :

  • 2-2-1)- Les Principes des quatre éléments de la nature à savoir: Nut-Neter, le Principe de l’élément Feu ou Nyamhiédes Bassa; Shu-Neter, le Principe du Vent ou de l’élément Air ou Nyambouk des Bassa; Tefnut-Neter, le Principe de l’élément Eau ou Nyamlep des Bassa;Geb-Neter, le Principe de l’élément Terre ou Nyamsi des Bassa.
  • 2-2-2)- Wsir-Neter (Osiris), le Père intérieur de l’Egypte antique ou Hilolombi (individuel) des Bassa;
  • 2-2-3)- Iset-Neter (Isis) ou la Mère divine intérieure et particulière de l’Egypte antique ou Nyambè (intérieure) des Bassa et Dévikundalini des Asiatiques.

Osiris et Isis forment le couple divin, Osiris-Isis que les Bassa-Mpoo-Bati appellent Nyambè-Hilolombi, l’Être de chaque Homme qui fait que l’humain soit crée à l’image de Dieu. Leur fils unique est Hor-Neter (Horus) de l’Egypte antique, la puissance enveloppante et génératrice, la force ou l’étincelle divine, intime et latente en chaque Homme qui, lorsque ce dernier la réveille, lui permet de retrouver et de manifester sa divinité, de redevenir un Homme véritable. Les Bassa lui donnent le nom de Nyam.

2-2-4)- Mbouh des Bassa, l’Essence divine ou l’esprit de Dieu en l’Homme,Mudi des Ngalla-Douala;

2-2-5)- Mbouh-pubi des Bassa, l’âme cristallisée des gnostiques ou Mudi mu sangui des Ngalla-Douala;

2-2-6)- Seth-Neter de l’Egypte antique, Satan ou le Diable des religions révélées que les Bassa appellent Nseth;

2-2-7)- Mbouh-bé des Bassa ou les pêchés des religions révélées, l’égo des gnostiques, Mudi mwa bobé des Ngalla-Douala;

2-2-8)- Liyemb des Bassa, la force ou l’énergie sorcière ou maléfique, intime et latente en chaque Homme qui, lorsque ce dernier la réveille, lui permet de devenir un Adepte de Seth-Neter; Lemba des Ngalla-Douala. Le réveil conscient ou inconscient du Liyemb se fait de diverses manières. Cependant, les relations sexuelles contre nature (homosexualité, zoophilie, pédophilie, …) ou incestueuses et l’ingurgitation de la chair et/ou du sang humains sont les méthodes les plus usitées.

2-3) Les Neterou naturels : Pour les Africains de tous les temps, toute la nature est sacrée ; toute la nature est une médiation permanente entre l’Homme et Atoum-Neter : l’Homme a un esprit (Osiris-Isis) ; les êtres des règnes animal, végétal et minéral aussi, les Neterou naturels. Les Neterou naturels sont les esprits des objets naturels. Les Bassa les appellent « maboui » pluriel de « liboui ». Ainsi, tel animal, telle plante, telle roche, telle montagne ou telle fleuve a son Neter (singulier de Neterou). Ils « président à toute la reproduction et à la régénération du minéral à l’Homme, car le métal dans sa mine est vivant.»

Les Neterou naturels sont neutres. Ils peuvent être utilisés aussi bien pour détruire la vie que pour la protéger.

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3- L’HERMETISME ou LA MYSTIQUE: Le terme « hermétisme » vient du mot grec « hermès » qui n’est que la traduction du vocable « djéhouty » ou ce qui est caché, hermétique, mystérieux aussi bien dans l’ancien égyptien que dans la langue douala. Les Bassa appellent l’hermétisme « ndimsi », terme qui vient de deux autres mots de cette langue : « ndim » et « si » ; « ndim » est la cécité ou, plus généralement, ce qu’on ne voit pas, ce qui est caché, invisible, hermétique, mystérieux. « si » est la terre. Par conséquent, « ndimsi » est ce qui caché, hermétique, mystérieux, invisible aux yeux du commun des mortels.

En fait, l’Hermétisme ou la Mystique est le lien entre l’individu et le Neter-Neterou c’est-à-dire les différentes étapes qui amènent l’Homme a son créateur ou qui l’en éloignent, la relation entre l’individu et le Tout c’est-à-dire la vie des Etres dans le monde invisible, dans l’au-delà.

Les membres de l’Hermétisme ou du Ndimsi sont de trois ordres : les animistes, les sorciers et les féticheurs. Les deux premiers se battent en permanence. Les animistes pour attirer le maximum d’êtres humains vers Ra-Neter, la Lumière divine, universelle et mystérieuse. Les sorciers pour les en éloigner par tous les moyens.

3-1)- Le mot « animiste » vient du terme latin « anima » ou âme  en français. Lesanimistes sont les Hommes de Lumière, les adeptes de Hor-Neter, l’Etre intérieur et intime. Ils vivent en bonne intelligence avec les Neterou car ils connaissent et respectent la Loi divine : l’Amour dans la mesure où Un en Tout et Tout en Un, qui se manifeste par la pensée juste, la parole juste et l’action juste c’est-à-dire par le respect de tous les éléments constitutifs de la grande nature, le cosmos.

Les animistes ont ou cherchent à acquérir la Foi, cet œil intérieur qui permet à toute personne de voir le Principe des Principes à travers sa création, les Neterou. Ils protègent coûte que coûte la vie et la perpétuent en permanence dans le but d’entraîner le maximum d’êtres humains vers la Lumière divine ou Ra-Neter. En plus, les animistes démontrent dans leur vie de tous les jours les choses invisibles (Heb. 11-1). Grâce au pouvoir du Verbe qu’ils développement d’instant en instant, ils travaillent harmonieusement avec les Neterou dont ils connaissent les noms et en maîtrisent les missions respectives. Les animistes sont de trois types : les Disciples, les Adeptes et les Maîtres de Hou.

3-1-1)- Les Disciples de Hou sont les Africain (e) s du continent ou ceux de la diaspora qui sont entrain de vivre les étapes préliminaires de l’œuvre de Ra-Neter ou l’œuvre solaire dans le but de d’incarner en eux Hor-Neter, le Héka et/ou Ida et Pingala. L’Egypte antique leurs donnent le nom  d' »Apprenti », les bassa du Cameroun celui de  « Mut (aa) Mbog » et les Mpoo du littoral de ce pays, celui de « Mut (aa) Mpè ».

3-1-2)- Les Adeptes de Hou sont les  Africain (e) s du continent ou de la diaspora qui ont développé consciemment, intimement et méthodiquement dans leur anatomie occulte un minimum d’éléments éthériques dans le but d’incarner l’Embryon d’Or ou les Energies de Hou-Neter  en eux-mêmes. Les Egyptiens anciens leurs donnent le nom de « Shems » ou de « Compagnon », les Bassa celui de « Mbombog » et les Mpoo, celui de « Mpèpè ».

3-1-3) Les Maîtres de Hou sont les Africain (e) s du continent ou de la diaspora qui ont incarné  les Energies de Hou-Neter  en eux-mêmes. Ils ont l’Embryon d’Or car ils ont transformé complètement leur  Mbouh-bé  en Mbouh-pubi. L’Egypte antique les appelle « Wsir » ou Osiris c’est-à-dire Christ ou Gardien de Mystère(s) ou Hou, les Bassa-Mpoo-Bati « Lolo » ou le Neter fait chair.

3-2) A contrario, les sorciers sont les Hommes de l’Ombre, des Ténèbres, les partisans de Seth-Neter, le Non-être. Ils développent consciemment ou inconsciemment le Mbouh-bé ou l’égo, s’opposent par conséquent totalement à la Loi divine et détruisent constamment la vie des êtres des règnes minéral, végétal, animal et surtout humain à travers la sorcellerie, la fornication, l’adultère, l’homosexualité, la pédophilie, la zoophilie, les suicides, les assassinats, les génocides, les crimes de guerres et/ou contre l’humanité, la prostitution, les dictatures, le népotisme ou la destruction de la biosphère …  Les sorciers sont de trois ordres : les charlatans, les envoûteurs et les mangeurs d’âmes.

3-2-1)- Le charlatan est un escroc, un imposteur conscient ou inconscient qui se fait passer pour un grand maître de Hou et/ou de Sia (savoir) au risque de détruire la vie des êtres des règnes minéral, végétal, animal et/ou humain. Le charlatan n’est pas seulement ce tradi-praticiens Africain qui fait mentionner devant son officine : « Guérit tout même le SIDA ». Mais toute personne qui ne possède ni la Sagesse ni le savoir qu’il prétend détenir. Il est le malin par excellence. Les Bassa lui donnent le nom de  « Nsethmam » c’est-à-dire en français « Celui qui cache ou qui tord la vérité en pensées, en paroles et/ou en actions ».

3-2-2)- L’envoûteur quant à lui est tout jeteur conscient ou inconscient de sorts (blocages, malchance, envoûtements d’amours ou filtres d’amours, d’affaires, …, fusils de nuit, possessions, …)   à autrui dans le but de recevoir les faveurs ou de nuire à ce dernier pour une raison ou pour une autre. L’envoûteur détruit essentiellement la vie des êtres du règne humain. Les Bassa lui donnent divers noms selon sa spécialisations : « Mutkon » ou le jeteur de sorts ;  « Nhomamisson » ou « Nlegnson » c’est-à-dire le lanceur de vers maléfiques ; « Nhomangaanyo » ou « Nlegngaanyo » c’est-à-dire le tireur de « fusils de la bouche » ; « Mutbobè » ou celui qui prépare les filtres d’amours, …. Les instruments de travail de prédilections des maîtres envoûteurs sont des robots astraux très puissants, produits de mélanges de Neterou naturels avec du sang et/ou des ossements humains. Ces béquilles leurs permettent souvent de vivre consciemment dans le premier plan de l’Hermétisme, le plan astral.

3-2-3)- Le mangeur d’âmes est le niveau le plus élevé de la sorcellerie. Il a développé le Liyemb qui lui permet de vivre consciemment dans les trois premiers plans de l’Hermétisme à savoir, les plans astral, mental et causal et  l’oblige à se nourrir très régulièrement de l’énergie vitale des êtres du règne humain dans le but de développer davantage le Mbouh-bé et, par voie de conséquence, d’avoir plus de moyens maléfiques de faire progresser sa carrière politique, sportive, intellectuelle, artistique, commerciale, industrielle, …. Les Bassa lui donnent les noms de « Nnemb » et « Nlemba ». Les maîtres Nlemba ont le Liyemb totalement développé. Ils établissent en plus des pactes avec des Neterou cosmiques négatifs dont ils connaissent les noms et les missions respectives.

3-3) Entre ces deux grands groupes se trouve un troisième : le fétichisme. Le féticheur est toute personne qui, sans connaître la Loi divine n’en manipule pas moins les Neterou. Le fétichisme  est le monde de la croyance et non celui de la Foi, la démonstration des choses invisibles. Le féticheur ne peut expliquer rationnellement la relation de cause à effet de l’acte magique car il ne connaît pas les Neterou  qu’il manipule pourtant mécaniquement à travers prières, messes, cultes, appels des Neterou cosmiques,  manipulations des Neterou naturels, jeûnes, etc… Dans l’optique de masquer inconsciemment leur ignorance dans ce domaine, les religieux parlent très souvent des mystères de Dieu.

Le fétichisme perpétue un ensemble de traditions, us et coutumes pédagogiques, médicales, scientifiques, esthétiques, hermétiques, familiales, religieuses, éducatives, sociales, économiques, politiques, sportives, … transmises par un ancêtre, un maître de Hou, un savant, un inventeur, un innovateur sans y associer la Sagesse. Il véhicule par conséquent les erreurs et les qualités du passé, les vices et les vertus des ancêtres et s’appuie très fortement sur le culte des morts.

L’adepte du culte des morts n’est pas seulement cet Africain qui reconnaît volontiers que ses ancêtres sont des liens incontournables avec la divinité mais tout individu qui utilise consciemment ou inconsciemment la personnalité des morts pour renforcer ses cultes, rites et/ou rituels. Les religions dites révélées utilisent très souvent de telles pratiques. L’Eglise catholique en est passée maître : chacune de ses paroisses est sous la protection d’un Saint patron dont les reliques sont posées dans l’altar. Elles ont un rôle identique et les mêmes conséquences  que les autres ossements humains. Le fétichisme est le fondement de toutes les traditions et en particulier  la tradition orale africaine.

4- La SCIENCE SACREE est le Mbog aussi bien dans l’ancienne Egypte que chez les Bassa du Cameroun. Le terme « mbog » vient  d’ailleurs de la langue de ces derniers dans laquelle il est la composante de deux  autres mots : «  mbéé », l’organe génital de la femme et « og », celui de l’homme. Le Mbog est par conséquent cette technique sacrée mille fois millénaire qui consiste dans  la connexion sexuelle de l’homme et de la femme accompagnée de la continence sexuelle ainsi que de la transmutation des énergies séminales en énergies créatrices. Il a pour symbole en Egypte antique, l’Ankh ou Ce qui donne la vie et en Afrique en général, un mortier dans lequel est planté un pilon ou une pirogue dans laquelle estintroduite une pagaie.

En fait, le Mbog ou la sexualité sacrée que les Asiatiques appellent la Maithuna et les gnostiques,l’Arcane A.Z.F.ou la Forge des cyclopes est l’une des trois composantes de la science hermétique, l’ensemble de techniques scientifiques qui sous-tendent l’Hermétisme et dont le sexe  est l’épicentre. Les deux autres sont la science séthienne ou satanique et la science traditionnelle.

La science sacrée ou la sexualité sacrée a pour but  de permettre à tout individu décidé et volontaire de développer toutes ses capacités latentes en une ou plusieurs  existence (s) aux fins de revenir à sa source originelle, Atoum-Neter ou l’Être de tous les Êtres, en y intégrant son Être Réel ou son Osiris-Isis à travers la séménisation de son cerveau ou la cérébralisation de son sémen.

Selon la plus ou moins grande cérébralisation du sémen des postulants, les Africains de tous temps ont regroupé ces techniques sacrées dans deux groupes : le Mbog stricto sensu ou Mbog Liaa des Bassa-Mpoo-Bati du Cameroun et  la Maât.

 

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5- L’ART SACRE est l’ensemble des véhicules de communication de la Sagesse éternelle et universelle ou la Vérité. A la différence de l’art profane, il transmet des lois, un enseignement divin, une doctrine transcendantale, … à travers des symboles, des légendes, des contes, des mythes, des sculptures, des peintures, des chants et musiques, des littératures orales et écrites, des jeux, des proverbes et maximes, … L’art sacré permet de réveiller les consciences, de donner des repères aux Hommes voire de changer les codes de fonctionnement individuel et/ou collectif à travers le cinéma, le théâtre, la musique, la communication, …  car il amène les Hommes de l’extérieur vers l’intérieur, touche leur psyché,  les rend plus originaux.Citons quelques éléments de l’art sacré africain :

5-1)- La légende de la traversée de la Sanagapar les Béti de l’Afrique équatoriale sur le dos d’un serpent sacré. Ce serpent est le même que le bâton de commandement  ou l’Ouas (qui se transforme en serpent) de l’Egypte antique  qui a permis à Moise de diviser les eaux de la Mer rouge en deux pour permettre aux Juifs de s’enfuir d’Egypte dans la sainte Bible. Il s’agit en fait  du cinquième élément que tout Hiérophante de Mbog acquiert et qui lui donne le pouvoir du Verbe créateur quant il fait monter l’Uræus de l’Egypte antique ou le serpent Kundalini des Asiatiques, le feu de la pentecôte ou le serpent d’airain biblique le long du canal médullaire de son anatomie occulte. Il faut relever ici l’existence de deux types de serpents dans la  sainte Bible : le serpent d’airain et le serpent tentateur. Il en est de même dans la Sagesse africaine éternelle : Apopi, le serpent des désirs et l’Uræus, le serpent sacré.

5-2)- La légende de Ndjèki la Ndjambè Inono des Sawa, celle de Yélen des Bambaraet celle de Akoma Mba dans le Mvet sont liées à l’Initiation c’est-à-dire à l’épreuve deLiyep li Yèli des Bassa. Elles sont à mettre en parallèle avec le conte du Naufragénégro-pharaonique, la Traversée du désert biblique ou l’étape du pauvre du Soufisme. C’est dans ce sens que T. Desjardins soutient que « Les Tibétains produisent des sages comme nous produisons dans nos facultés des docteurs, des ingénieurs et des savants. La recherche spirituelle est organisée méthodiquement, scientifiquement, selon des connaissances bien prouvées et rien n’est laissé au hasard. Ce travail, ces études tantriques mènent non seulement à la libération (le seul véritable but) mais aussi à toutes sortes de possibilités ou même de « pouvoirs ». Elles exigent le plus souvent de consacrer entièrement et exclusivement quelques années de sa vie à la recherche spirituelle, dans des conditions qui  interdisent la poursuite des activités profanes, en retrait total du monde. Si ce ne sont pas des années, ce sont peut-être des mois, des semaines, en tous cas des journées et des nuits qui sont requises pour la pratique de certains exercices, comme la visualisation des divinités tantriques et des mandalas. »

5-3)- Le conte de Malobè et Ngominga des Sawa du Cameroun est liée à la mort de l’ego. Il est à mettre en parallèle avec celui de David et Goliath dans la sainte Bible, le combat de Horus contre Seth de l’Egypte antique ou à la légende de Emomoro des Béti-Fang-Bulu c’est-à-dire  la transformation du Mbouh-bé en Mbouh-pubi. Dans l’Islam, ce travail spirituel est symbolisé par la lune (quart de lune) ou les désirs et l’étoile à cinq pointes ou le pentagramme debout qui représente l’Homme véritable : le Tarot de l’Egypte antique, le livre de Thot Djéhouty, nous donne le mode opératoire de la transformation de la lune psychologique (Mbouh-bé) en soleil psychologique (Mbouh-pubi) que les Alchimistes de l’Europe médiévale appellent la transformation du plomb de la personnalité en l’or de l’Esprit, du Non-être en l’Etre.

5-4)- La légende de l’envol de Nyambè-Hilolombi au ciel des Bassa-Mpoo-Bati est liée à l’acquisition de l’Embryon d’Or. Son pendant est le conte des neuf palabres du paysan négro-pharaonique en Egypte antique et le voyage nocturne du prophète Mohamed dans l’Islam.

6- Les ETAPES DE HOU:L’acquisition du Hou se fait en cinq phases : le noviciat, l’engagement, l’initiation, l’adeptat et la maîtrise.

6-1)- Le Noviciat regroupe les débutants. Les novices de Hou sont les personnes physiques qui suivent une formation en Sagesse africaine éternelle dans un couvent d’une des douze corporations de Hou de ANKH-X (X est le nom d’une communauté africaine du continent ou de la diaspora) ou dans un institut ou centre agréé. Elle ne les lit en rien. Ils ne sont même pas tenus de présenter un test quelconque à la faveur de cette formation.

6-2)- L’Engagement est la rébellion contre l’ordre apparent des choses : les Engagés de Hou ou les rebelles de la conscience sont les femmes et les hommes nantis d’une formation adéquate en Sagesse africaine éternelle qui prennent la décision de devenir des membres du couvent d’une des douze (12) corporations de Hou de ANKH-X dans le but d’acquérir un métier ou de se perfectionner dans le leur tout en se développant spirituellement à travers les initiations mineures. Les Engagés de Hou ont pour emblème, la chéchia ou le foulard noirs.

6-3)- L’Initiation ou la Purification est la véritable première étape de Hou-Neter. L’Engagé y accède à la faveur d’un important rituel dans les plans psychiques marquant ainsi la réalisation avec succès des initiations mineures et son entrée dans le Royaume. Il est désormais un Disciple de Hou car il a désormais tous les moyens pour séméniser correctement son cerveau ou cérébraliser efficacement son sémen à travers l’une des deux (02) voies de la Sagesse africaine éternelle : le Mbog ou la Maât.

S’il fait le choix de s’engager dans le Mbog, il devient en Egypte antique un Disciple de Mbog ou un Apprenti de Mbog : il est Mut (aa) Mbog des Bassa car  il fait le Mbog ou il descend dans la Neuvième Sphère des gnostiques pour la première fois à travers l’épreuve du « Naufrage » négropharaonique,  « la Traversée du désert » biblique,« Liyep li Yèli » c’est-à-dire « la misère à l’œil nu » des Bassa ou l’étape du « pauvre »des musulmans Soufis après avoir incarné le « Héka » ainsi que « Ida » et « Pingala » dans le but de réveiller en lui Hor-Neter. Tout(e) Mut (aa) Mbog réalise les initiations de Lumière ou l’œuvre au jaune.

Sinon, il est Disciple de Maât stricto sensu ou un Apprenti de Maât. Il se contente de réveiller uniquement en lui le « Héka », un instrument éthérique qui traverse le canal médullaire après avoir réalisé avec succès les initiations du Feu ou l’œuvre au noir ainsi que « Ida » et « Pingala »: il pratique la Mystique du Corps ou le Mpè pour la première fois. Il est Mut (aa) Mpè des Mpoo.

Il peut cependant avoir dans ANKH – X des Disciples de Maât lato sensu : les Aspirant de Maât. Ces derniers ne pratiquent point la sexualité sacrée. Ils ne peuvent pas réveiller le « Héka » et encore moins Hor-Neter. Aux fins de séméniser le cerveau, ils développent « Ida » et « Pingala », deux (02) canaux éthériques qui s’enroulent autour de la colonne vertébrale. Les Aspirants de Maât sont des moines.

6-4)- L’Adeptat ou l’Illumination transforme  le Disciple de Maât en un Empereur de la kabbale négro-pharaonique ou un Maître des quatre premiers éléments de la nature (Feu, Air, Eau et Terre) et le Disciple de Mbog en un Hiérophante de cette technique sacrée de l’Egypte antique ou un Maître des cinq éléments du plan physique (Ether, Feu, Air, Eau et Terre). L’un et l’autre sont des initiés qui sont désormais capables d’incarner petit à petit les Energies de Hou-Neter en eux-mêmes. L’adepte de Hou a deux caractéristiques principales :

1. Il a encore  l’égo c’est-à-dire les défauts psychologiques des gnostiques, le Mbouh-bè des Bassa ou les pêchés des chrétiens ;

2. Il apprend désormais de lui-même au prêt des Neterou.

Selon qu’il est Adepte de Mbog ou de la Maât c’est-à-dire respectivement Shems-Hor ou Shems-Ra en Egypte antique, il a développé en lui Hor-Neter, le Héka, Ida  et Pingala ou alors seulement  le Héka et/ou Ida et Pingala. Il peut par conséquent « nettoyer ses cavernes d’Augias » c’est-à-dire transformer son Mbouh-bè en Mbouh-pubi  dans le but d’incarner petit à petit les Energies de Hou pour développer  l’Embryon d’Or et devenir Maître de Hou c’est-à-dire Wsir de l’Egypte antique ou Lolo, le Neter fait chair des Bassa-Mpoo-Bati du Cameroun.

Le premier, à travers les neuf planètes de l’Achimie (Mbog) ou les neuf (09) cieux ou encore les neuf plans spirituels de l’Hermétisme : le Shems-Hor cherche à permettre à Hou-Neter à s’incruster en une seule vie dans sa personnalité à travers les neuf (09) premiers travaux d’Hercule. Il est entrain de faire le Mbog pour la seconde fois (Mbombog des Bassa) à travers l’une des neuf étapes de l’œuvre de Hor-Neter liées respectivement aux neuf planètes de Mbog. Il deviendra à la fin de ce processus un Maître de Mbog c’est-à-dire un Neter  métaphysique fait chair ou un Logos des Grecs.

Le second, à travers les sept premières planètes de Mbog ou les sept premiers plans spirituels de l’Hermétisme : le Shems-Ra cherche à permettre à sa personnalité à se dissoudre dans Hou, à s’élever à la Vérité en plusieurs réincarnations. Il est entrain de faire le Mpè ou la Mystique du corps pour la seconde fois (Mpèpè des Mpoo) à travers l’une des sept étapes de l’œuvre Ra liées respectivement aux sept premières planètes de l’Alchimie. Il deviendra à la fin de ce processus un Maître de la Maât c’est-à-dire un Neter cosmique fait chair ou un Génie planétaire des Grecs. Il y en a deux types : les Shemsou-Ra stricto sensu qui pratiquent la sexualité sacrée pour développer le Héka et Ida et Pingala dans le but de cérébraliser le semen et les Shemsou-Ra moines qui développent uniquement Ida et Pingala.

6-5)- La Maîtrise ou la Perfection transforme l’Adepte en  Maître de Hou c’est-à-dire  un Africain du continent ou de la diaspora qui a développé l’Embryon d’Or car il a incarné «  Hou-Neter » ou la Conscience divine, éternelle et universelle en lui-même à travers la transformation complète de son Mbouh-bé en Mbouh-pubi; il n’a plus d’égo,  il est saint selon les chrétiens. L’Egypte antique l’appelle Wsir ou Osiris(Christ) c’est-à-direGardien de Mystère(s), les Bassa-Mpoo-Bati, Lolo ou le Neter fait chair, les Béti du Cameroun et les Luba du Congo respectivement, Nyamoro ou Muntu oul’Homme véritable, les Bambara,  Nnomoou le Verbe incarné. Il y en a deux types : les Maîtres de Mbog et les Maîtres de la Maât. Ces derniers sont de deux ordres : les Maîtres de la Maât stricto sensu et les Maîtres de la Maât lato sensu ou moines.

Le Maître de Hou se sacrifie toujours pour l’humanité souffrante. Le Lolo est toujours un missionnaire qui voue complètement sa vie au Principe des Principes. Il faut cependant souligner avec force que le sacrifice est inhérent au Mbog dont la devise est : Pureté absolue, Maîtrise parfaite des instincts et Désintéressement total. L’initié du Mbog se sacrifie pour l’humanité souffrante dès qu’il devient Disciple de Hou à travers le Naufrage négro-pharaonique. Au fur et à mesure où il avance vers la maîtrise, il se sacrifie davantage. A contrario, à l’exception du Maître de la Maât, les autres initiés de la Maât ne se sacrifient que très partiellement pour l’humanité souffrante.

 

Source : http://www.lafondationdafrique.org

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Le Bouddhisme


Bouddhisme : Définition, histoire & origine

Fondé en Inde du Nord au Vie siècle av. J.-C. par un membre de la famille des Gautama, dans la tribu des Sakya, le bouddhisme est l’une des grandes « religions » du monde. Contemporaine de l’avènement d’une société hiérarchisée en castes et fortement nourrie des croyances hindouistes, la doctrine du Bouddha s’articule autour du thème de la souffrance et des moyens de s’en affranchir. Si l’art bouddhique est chargé d’un symbolisme très précis, c’est qu’il sert délibérément de support à l’enseignement de la doctrine et à la méditation du fidèle.

Lorsque apparaît le bouddhisme, dans le prolongement du brahmanisme, l’Inde subit une transformation sociale et une crise religieuse: d’une part le développement d’une société aryenne cloisonnée, supplantant les anciennes structures tribales, d’autre part la naissance de courants religieux s’écartant de l’hindouisme. Après avoir essaimé en Inde durant plusieurs siècles, le bouddhisme a éveillé l’Extrême-Orient à une philosophie religieuse et à une éthique originales.

L’enseignement du Bouddhisme

La doctrine du Bouddha repose sur l’idée que la souffrance est inséparable de l’existence. Le bouddhisme affirme que le savoir et la morale permettent d’échapper au cycle des renaissances et d’entrer dans un état de pureté absolue, le Nirvana.

Les quatre «nobles vérités»

Les quatre «nobles vérités» sont déjà résumées dans le tout premier sermon de Bénarès. La première vérité fait de la douleur la compagne de la vie, car aucune félicité n’est durable.

La deuxième vérité est que la douleur naît de la «soif» de vivre, des désirs et des passions, autant de sources qui alimentent la convoitise, la jalousie, la haine et l’erreur.

La troisième vérité découle des précédentes: si l’on supprime la cause, on annule son effet. Ainsi, si l’on éteint les désirs, on annihile la souffrance.

La quatrième vérité est la «Voie des huit vertus» qui conduit au Nirvana. Elle recommande la méditation pure, le savoir,, elle conduit au Nirvana, à l’extinction des désirs, à l’état suprême de non-existence, de non-réincarnation . Le Nirvana, qui n’est pas immédiatement accessible, est un état qui échappe à la fatalité du devenir et au cycle sans cesse repris des vies nouvelles.

Le Bouddha n’a laissé aucun écrit. Retransmises oralement par ses fidèles, ses paroles furent réunies dans des textes sacrés (sutra). Divers conciles bouddhiques eurent lieu entre le Ve et le Ier siècle av. J.-C.; un premier schisme, vers 450, précède l’apparition de nombreuses écoles de philosophie bouddhique.

Les écoles de pensée bouddhique :

Le Hinayana (Theravada)

La première des trois plus importantes écoles est le Hinayana (Theravada, le Petit Véhicule, celui qu’on emprunte pour accéder au Nirvana); elle est particulièrement répandue au Sri Lanka, en Birmanie et en Thaïlande. Divisée en plusieurs sectes, elle ne reconnaît pas au Bouddha une nature divine et réserve la voie du Nirvana aux seuls religieux armés d’une morale stricte. Sa doctrine est tout entière contenue dans un texte canonique, le Tripitaka.
Le Mahayâna
Appelé aussi Grand Véhicule, le Mahayâna est la deuxième école influente; elle gagna le nord de l’Inde, le Tibet, la Mongolie, la Chine, la Corée, le Japon et une partie de l’Asie du Sud-Est (Viêt-nam, Cambodge). Pour le Mahayâna, bouddhisme métaphysique, la sainteté n’est pas seulement un idéal de perfection personnelle, mais un moyen d’aider l’individu à atteindre cet état grâce à l’appui de sages «éveillés». Comme le Bouddha, ceux-ci renoncent temporairement (ou définitivement) à entrer au Nirvana pour aider les autres hommes à connaître l’Illumination. Ainsi cette religion prévoit-elle le salut pour tous. Son panthéon est peuplé de divinités (les bodhisattvas ), qui sont plus proches des fidèles que le Bouddha. Devenu religion populaire, le Mahayâna abandonne la conception athée du bouddhisme et procède à une sorte de déification du Bouddha, à qui il attribue un aspect humain, divin et cosmique (doctrine des trois corps). Le Mahayâna se distingue par la stature exceptionnelle de ses philosophes et de ses penseurs religieux: Nagarjuna, vers 100 apr. J.-C., Asanga, au Ve siècle, le poète Shantideva, au VIIe siècle.

En Chine et au Japon, l’école mahayaniste s’est compartimentée en de nombreuses sectes don’t la plus connue est le Zen (ou chan). Leurs adeptes, qui méditent sur des textes sacrés et mènent une vie ascétique, s’appliquent à vider leur esprit à la fois du temps et de l’espace, pour mieux parvenir à l’Illumination bouddhique. Ainsi les écoles Zen (méditation) pratiquent des activités favorisant la concentration (cérémonie du thé, tir à l’arc, judo, jardinage, poésie, peinture).

L’école lamaïque

L’école du tantra, particulièrement développée au Tibet et en Mongolie, est issue du Mahayâna et reprend divers aspects de l’hindouisme, longtemps évincé par l’hétérodoxie bouddhique. Ses écrits sacrés (tantra) s’apparentent à des ouvrages de pratique rituelle, voire même de magie (récitation de syllabes sacrées, exercices de yoga disposant le corps et l’esprit à des pouvoirs surnaturels). La philosophie tantrique est axée sur l’examen du cosmos et de ses multiples facettes. Le dalaï-lama, dignitaire religieux du Tibet, est considéré par le tantra comme la réincarnation du Bouddha.

Les grands textes du bouddhisme

Ce sont les moines qui, depuis environ 2 500 ans, conservent la doctrine, les textes sacrés et les récits transmis d’abord oralement par les fidèles, ainsi que les représentations artistiques de leur maître spirituel et des divinités. Le Tripitaka («trois corbeilles» ou «trois trésors») fut rédigé en sanskrit, l’œuvre est divisée en trois parties: Vinaya (prescription de la vie monastique); Sutra (collection de prédications du Bouddha); Abhidharma (ensemble d’ouvrages métaphysiques et doctrinaux). Il s’agit de textes hinayanistes, don’t la rédaction s’étend sur cinq siècles, à partir de 500 av. J.-C. Le Saddharmapundarikasutra («Lotus de la bonne loi») fait partie du Tripitaka et constitue une conception mahayanique du sermon de Bouddha sur l’unicité des chemins du salut (vers 300 apr. J.-C.). Écrit par Nagarjuna, le Madhyamika est une œuvre doctrinale (IIIe siècle apr. J.-C.). Le Milindapanha est un dialogue philosophique entre le souverain grec Milinda et le moine Nagasena (Iie siècle apr. J.-C.). Les tantra sont des ouvrages d’ésotérisme (vers 350 apr. J.-C.). Plusieurs contes et apologues évoquant les vies antérieures du Bouddha ont été regroupés dans le jataka (Ive siècle apr. J.-C.). L’Avadana rassemble des apologues moraux (vers 200 apr. J.-C.). Enfin, le Sutra est un recueil d’aphorismes (vers 400 apr. J.-C.).

Christianisme.


Christianisme : Définition, histoire & origine

L’une des principales religions du monde, le Christianisme, professe, comme le Judaïsme et l’islam, la foi en un Dieu unique. Par cette référence, il cherche à investir la vie humaine de valeurs et offre un salut. Il constitue une religion révélée à la fois dans les Écritures et dans la personne de Jésus Christ.

Naissance du Christianisme

L’activité de Jésus – prophète et réformateur religieux qui prêche de l’an 27 à l’an 30 de notre ère en Palestine – marque le début du Christianisme. À cette époque, la Palestine appartient à Rome et se distingue par sa religion, le Judaïsme, qui a un statut particulier dans l’Empire en raison de sa foi en un Dieu unique (monothéisme). L’occupation étrangère est fortement ressentie dans le pays, où le pouvoir politique local est de plus en plus amoindri et partagé. Les fils d’Hérode, le dernier roi juif, lui-même inféodé à Rome, sont sous le contrôle d’un préfet romain dépendant du légat de la province de Syrie. Les impôts sont lourds et la déstabilisation sociale et politique s’accompagne d’une agitation religieuse. Le Judaïsme est partagé en plusieurs courants, mais les pratiques religieuses et le rôle du Temple de Jérusalem sont des éléments communs aux courants dominants.

Après les conquêtes d’Alexandre au Ive siècle av. J.-C., la rencontre des mondes grec et oriental a produit une culture qui est devenue celle de tout le Bassin méditerranéen: l’hellénisme fut adopté avec sa langue (le grec) par l’Empire romain. Mais sa visée assimilatrice et les compromissions religieuses et politiques avec le pouvoir dominant provoquent des mouvements de protestation à l’intérieur du Judaïsme, qui s’appuient souvent sur l’attente fébrile d’un messie envoyé par Dieu pour rétablir la justice et la paix.

Les courants de renouveau du Judaïsme sont multiples. Ils peuvent être teintés de nationalisme (comme le mouvement zélote) ou axés sur la protestation religieuse (comme le mouvement des esséniens, vivant en communautés dans le désert). L’un d’eux est celui de Jean le Baptiste, qui prêche et baptise loin des centres importants. Son baptême assume le rôle (pardon des péchés) que le Judaïsme orthodoxe attribue aux sacrifices offerts dans le Temple de Jérusalem.

L’activité de Jésus et le Judaïsme

Jésus, à la suite de Jean-Baptiste, annonce la venue imminente du règne et du jugement de Dieu. Comme lui, il annonce le règne de Dieu. Mais il se sépare du Baptiste en ceci qu’il insiste sur l’amour plus que sur la colère de Dieu.

Le témoignage principal sur la vie historique de Jésus, qui était de Nazareth, en Galilée, où il commença son ministère, est celui des Évangiles. Or ces livres ne sont pas des biographies, mais des interprétations de sa vie dans une perspective catéchétique. Néanmoins, il est établi avec une relative certitude que Jésus a été un prédicateur itinérant, qui a réuni des disciples autour de lui, enseigné et opéré des guérisons. Il a voulu susciter une réforme du Judaïsme en annonçant la proximité de Dieu, en proposant une autre manière de comprendre sa volonté que celle offerte par la Loi juive et en désacralisant l’institution du Temple. Sur ces deux derniers points il a suscité l’opposition des chefs religieux, ce qui a conduit à son exécution sous la forme du supplice romain de la croix. Après sa mort, ses disciples se sont réunis autour de la foi en sa résurrection, qui l’authentifie comme le véritable envoyé de Dieu. Ainsi naît le mouvement de Jésus, qui est, à son origine, un mouvement de renouveau à l’intérieur du Judaïsme.

Les disciples de Jésus se regroupent d’abord à Jérusalem, où ils annoncent l’Évangile, la «bonne nouvelle» que Dieu s’est manifesté dans la personne de Jésus: le Messie (ou Christ) attendu. Parmi ceux qui s’intègrent à leur groupe se trouvent des Juifs qui ont vécu à l’extérieur de la Palestine et qui sont ouverts à la culture grecque et à son universalisme. Les disciples de Jésus venant de ce Judaïsme hellénistique sont plus critiques à l’égard des institutions juives que ceux venant du Judaïsme palestinien.

Les Juifs hellénisants provoquent des affrontements avec les chefs religieux et sont persécutés. Obligés de fuir, ils transmettent le contenu de la prédication de Jésus aux marges de la Palestine, en particulier dans des villes où les populations sont très mêlées, notamment à Antioche (Syrie), où se trouvent une diaspora juive et des adeptes de diverses religions orientales. Des non-Juifs sont convaincus par leur prédication et constituent avec des Juifs un groupe de disciples du Christ Jésus.

Le mouvement de Jésus dépasse alors les frontières du Judaïsme. Il accepte, en effet, des membres qui n’appartiennent pas au peuple de Dieu, ne portent pas la marque de leur appartenance au peuple juif (la circoncision) et n’obéissent pas aux réglementations juives (par exemple, sur le pur et l’impur). À Antioche, on donne aux adeptes de Jésus, le Christ, le nom de chrétiens. La rupture est consommée, le Christianisme est né.

Les premières communautés chrétiennes

Si la foi en la résurrection de Jésus, l’homme de Nazareth crucifié par les Romains mais toujours vivant et présent parmi les hommes, est au fondement du Christianisme, la signification de cette présence ainsi que le sens de la vie et de la mission de Jésus donnent lieu, dès l’origine, à des interprétations diverses.

Pour les adeptes de l’un des courants du Christianisme primitif, qui se retrouvent pour la prière, le baptême des fidèles et le repas commun, Jésus est avant tout le Messie annoncé, don’t on attend le retour. Pour ceux d’un courant proche, la foi chrétienne est avant tout une obéissance nouvelle, une fidélité au message de Jésus et à sa réinterprétation de la Loi juive. Différent des deux précédents, un autre courant, don’t le centre est Jérusalem, voit en Jésus le Juge de la fin des temps, qui envoie son Esprit à ses disciples. Quittant famille et biens, ceux-ci deviennent des prédicateurs itinérants; vivant dans l’attente de la fin du monde et pratiquant des actes de guérison, ils évangélisent la Palestine et la Syrie. Pour leur part, les chrétiens issus du judaïsme hellénistique orientent leur prédication vers les milieux non juifs. D’Antioche, leur quartier général, ils partent en mission pour porter en Méditerranée orientale leur confession de foi, qui donne la priorité à la croix et à la résurrection de Jésus pour le salut des hommes. Un dernier courant, mal connu, est celui du mouvement johannique, qui débute sans doute en Asie Mineure.

Chacun de ces courants a ses personnages emblématiques. Dans le cercle relativement large de disciples (hommes et femmes) qui entoure Jésus, notamment dans le groupe des Douze choisis comme apôtres («envoyés»), c’est Pierre qui se détache. Après la mort de Jésus, ses proches acquièrent aussi de l’influence: Jacques deviendra le chef de la communauté de Jérusalem après le départ de Pierre pour Rome. Les hellénistes sont représentés par Paul. Avec Pierre, il est l’une des deux grandes figures des origines.

Le Christianisme de la campagne palestinienne aux villes de l’Empire

La prédication de Jésus lui-même atteint un monde palestinien encore très paysan. Puis le mouvement de Jésus s’étend à la Syrie-Palestine et à ses villes. Le Christianisme naissant dépasse vite les frontières de religion et d’origine nationale, profitant de ce qui fait la force de l’Empire romain: ses routes terrestres et maritimes de la Méditerranée, sa langue de culture et d’administration. Il se propage dans les vastes marchés de biens culturels et religieux que sont les villes. La prédication chrétienne y bénéficie de l’attrait qu’exercent le monothéisme juif et la haute qualité de sa morale.

Dans les grandes villes de l’Empire, où vivent des communautés juives, les missionnaires proposent d’abord leur message dans le cadre des synagogues. Les sympathisants du Judaïsme (appelés les «craignant Dieu») sont attirés par cette prédication qui rompt avec un particularisme de type national. Mais l’insuccès du christianisme auprès des Juifs eux-mêmes fait que la nouvelle religion se répand de plus en plus dans un contexte où elle est confrontée aux modes de pensée religieux et philosophiques du monde hellénisé.

Fort abondantes au Ier siècle, les religions de salut provenant de l’Orient offrent une expérience mystique et un espoir dans l’au-delà à ceux qui s’y initient, tout en restant tolérantes entre elles. Le Christianisme , qui se trouve dans une situation de concurrence religieuse intense, se démarque par le fait qu’il propose un salut faisant l’objet d’une annonce publique (donc non réservé à des initiés) et qu’il refuse toute coexistence avec d’autres religions, toute forme de syncrétisme.

L’Empire romain laisse libre cours à cette profusion de religions, mais il impose une idéologie unitaire, qui est le culte de l’empereur. Dans ce contexte syncrétiste où un nouveau culte peut s’ajouter à un autre, le Judaïsme – affirmant qu’il y a un seul Dieu, l’unique objet de l’adoration humaine – observe un monothéisme strict et bénéficie d’une reconnaissance de cette conception particulière. Les chrétiens, également monothéistes, bénéficient d’abord du même statut que les Juifs, dispensés par la loi romaine du culte de l’empereur. Mais lorsque leur appartenance à une autre religion apparaît clairement, ils se trouvent fragilisés. De la seconde moitié du Ier siècle au Iie siècle, ils subissent de la part du pouvoir impérial des persécutions ponctuelles, puis de plus en plus fréquentes et systématiques au IIIe siècle et au début du Ive siècle.

Des communautés chrétiennes disparates

L’expansion du Christianisme s’organise autour de deux pôles: les prédicateurs itinérants et les groupes de sympathisants sédentaires que les premiers laissent après leur passage. Peu à peu se constituent des communautés locales qui prennent le nom d’Église (ecclesia, «assemblée convoquée», une institution typique de la cité grecque). Le terme va prendre une double signification: celle du groupe de croyants qui se rassemblent en un lieu donné, et celle de l’ensemble des croyants qui, dans leur totalité, constituent l’ Église du Christ . Ne possédant pas de bâtiment propre, les Églises réunissent dans des maisons particulières des gens d’origine sociale très variée (esclaves, hommes libres, classes montantes, petit peuple), à l’image des groupes qui entouraient Jésus en Palestine.

Ces communautés sont le plus souvent composées de chrétiens d’origine païenne (pagano-chrétiens) et de chrétiens d’origine juive (judéo-chrétiens) ou provenant de cercles proches. Cette disparité ne tarde pas à créer des problèmes: les chrétiens d’origine juive, attachés à leur identité et à leur appartenance au peuple choisi par Dieu, sont réticents à prendre les repas, en particulier l’eucharistie (le partage du pain et du vin, par lequel se constitue la communion des croyants et leur lien avec Dieu) en commun avec les chrétiens d’origine païenne, qui ignorent leurs préceptes alimentaires. Très tôt se pose la question de savoir s’il faut passer par le judaïsme pour pouvoir bénéficier de l’Évangile du Christ Jésus, s’il faut s’intégrer d’abord au peuple de Dieu par la marque d’appartenance de la circoncision et la pratique des réglementations juives pour bénéficer de la grâce (pardon gratuit) de Dieu. La conviction de l’apôtre Paul, le principal artisan de l’ouverture sans condition de l’Évangile aux païens, l’a emporté, non sans avoir entraîné des débats et des conflits.

Bible : Philosophie, origine et enseignement

Traduit en plus de 1 500 langues, souvent conservé à la place d’honneur dans les bibliothèques ou à portée de main dans les chambres d’hôtel, le livre le plus largement diffusé dans le monde est l’œuvre fondatrice de la culture judéo-chrétienne: les scènes de l’histoire du peuple juif, la Passion de Jésus et les visions apocalyptiques de saint Jean, sans cesse revisitées par l’art et la littérature, se sont imposées comme des témoignages universels du destin de l’homme. Les lois de l’Ancien Testament et le message moral du Nouveau Testament sont des composantes de la civilisation occidentale.

Le mot «Bible» recouvre des réalités différentes selon les utilisateurs. Les juifs, par qui le livre a été écrit et transmis à l’humanité, parlent souvent de la «Torah» (Loi) pour désigner les Écritures dans leur ensemble. Mais ils se servent aussi de la première lettre des trois grandes divisions: la Torah (la Loi), les Nebiim (les Prophètes), et les Kétoubim (les écrits) pour former le mot «Taanak». Pour eux, la Bible est composée de 34 livres. Ce chiffre est relativement faible parce que les juifs regroupent plusieurs livres en un (ainsi tous les petits prophètes sont comptabilisés comme un seul livre). Les deux appellations «Ancien Testament» et «Nouveau Testament» proviennent de l’apôtre Paul, et même si certains préfèrent parler du «premier» et du «second» Testament pour dissiper tout malentendu, ces termes traditionnels semblent s’être imposés. La Bible protestante comporte 66 livres et la Bible catholique 73. Les deux communautés sont d’accord sur les 27 livres du Nouveau Testament. En revanche, les protestants, parce qu’ils refusent les 7 écrits transmis en grec (et non en hébreu), ne dénombrent que 39 livres pour l’Ancien Testament.

Le mot grec biblia («livres») a été emprunté par le latin puis entendu comme féminin singulier. Si la Bible désigne une véritable bibliothèque, celle-ci, constituée sur plusieurs siècles, s’est progressivement transformée en un ensemble.

Judaïsme


Judaïsme : Définition, histoire & origine

Dans la culture du Livre, sens étymologique du mot «Bible», le Dieu juif est l’Éternel, tant de l’histoire que de la nature. Ses développements sont d’essentielles et vivantes artères. Modèle du Christianisme et de l’islam, le Judaïsme se distingue par l’absence de clergé hiérarchique. Interprètes des textes, les rabbins ne sont pas des représentants de Dieu, et leur fonction n’est pas sacrée, car pour les juifs la relation avec Dieu est directe. 
Religion: croyances et fondements du Judaïsme Le Judaïsme fut la première religion à enseigner le monothéisme, croyance en un seul dieu transcendant, qu’exprime la prière récitée plusieurs fois par jour comme profession de foi, Shema Israël (premiers mots hébreux de la prière): «Écoute Israël! L’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est Un. Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force. Les paroles des commandements que je te donne aujourd’hui seront présentes à ton cœur; tu les répéteras à tes fils; tu les leur diras quand tu resteras chez toi et quand tu marcheras sur la route, quand tu seras debout; tu en feras un signe attaché à ta main, une marque placée entre tes yeux, tu les inscriras sur les montants de la porte de ta maison et à l’entrée de ta ville.» (Deutéronome VI, 4-9). Yahvé (qui signifie «il est» en hébreu) est le nom de Dieu le plus fréquent dans la Bible. Il s’écrit encore YHWH, forme consonantique imprononçable, car les Hébreux croyaient à l’interdiction de prononcer le nom sacré de Dieu. Ils évitaient aussi ce sacrilège en l’appelant Seigneur (Adonaï). Yahvé est plein de justice et de rigueur pour Israël, peuple élu de ses enfants.

Peuple élu et morale universelle

Selon la Tradition, la grâce divine s’étend à tous les peuples, mais Dieu a conclu une alliance particulière avec les Hébreux. Ce fait religieux est tout à fait inédit, car jusqu’alors seule l’alliance entre égaux était concevable, c’est-à-dire entre hommes, et non entre les hommes et Dieu. Aussi la vertu religieuse par excellence pour les juifs est-elle la loyauté envers leur allié. Les Hébreux n’ont cependant pas été élus en fonction d’un privilège particulier; ils doivent apporter la parole divine à l’humanité par leur exemple. L’alliance n’est pas pour autant conclue entre Dieu et des individus isolés, mais avec la collectivité entière. Dieu est généreux et supporte le crime, la rébellion et la faute, mais il est d’autant plus sévère avec Israël, et la responsabilité est, à l’origine, collective.

La croyance en la venue d’un Messie (nom signifiant «oint par le Seigneur» et traduit par «christ» en grec) est une source d’espoir pour les juifs: il établira l’ère de la justice et reconnaîtra les droits d’Israël. Mais, selon la croyance en une fin des temps, ce règne de Dieu sera précédé de temps tragiques et douloureux. C’est pourquoi les moments les plus dramatiques de l’histoire du peuple juif ont généralement avivé l’espoir messianique. Mais la foi juive n’a jamais été formulée en un dogme officiel, et ses fidèles ont une latitude considérable en matière de croyance, notamment quant au Messie, à l’attente de temps meilleurs et à l’immortalité.

Le Judaïsme met en effet davantage l’accent sur la conduite que sur l’application précise d’un code religieux. Il est donc difficile de séparer le droit et la morale de la religion: toute faute est plus ou moins un péché. On comprend alors que les lois juives recouvrent tous les domaines de la vie. Le Judaïsme est une religion d’ici-bas. Yahvé règne, et non les rois, et Israël est parfois dénommé «royaume de prêtres». L’objectif est la justice et la paix sur Terre.

Les sources du Judaïsme: Le Livre de la Loi

La principale source de la foi juive est la Bible hébraïque (l’Ancien Testament des chrétiens), qui se compose de 24 livres. La Torah («Loi»), ou Pentateuque, qui comprend les 5 premiers livres, est considérée comme la première révélation, éternellement valable, de Dieu et de sa Loi à l’humanité. Ce sont la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome.

Là, en effet, se trouve le Décalogue (les dix commandements, Exode XX, 2-14), base morale de toutes les autres lois juives et de la morale chrétienne. Les commandements ont été dictés à Moïse sur le mont Sinaï. Ils furent gravés sur deux tables et conservés dans l’«arche d’Alliance» (arche signifie «boîte») jusqu’à la destruction du premier Temple de Jérusalem en 70 après J.-C. Aux deux tables correspondent deux séries de commandements. Sur celle de droite, car l’hébreu se lit de droite à gauche, figurent les devoirs de l’homme à l’égard de Dieu: le monothéisme, le rejet des images et des idoles, l’interdiction des faux serments, l’obligation du sabbat et le respect de son père et de sa mère, conçu ici comme un corollaire de l’amour de Dieu. Sur la table de gauche sont inscrits les devoirs de l’homme envers son prochain: le très célèbre interdit «Tu ne tueras pas», puis «Tu ne commettras pas d’adultère», et l’interdiction du vol, du faux témoignage et de la convoitise. Ces commandements constituent la Loi écrite, fondement du Judaïsme.

Moïse reçut aussi un commentaire avec cette loi écrite, son complément indispensable: la loi orale. Transmise de génération en génération et sans cesse enrichie de nouvelles interprétations, cette loi vivante constitue l’âme vigilante d’Israël, toujours capable de faire face aux situations et aux questions inédites. Au cours des siècles, ces commentaires reçurent toutefois une certaine forme de cristallisation écrite; ce furent successivement la Mishna, le Talmud, puis les Commentaires et les Codes. Ainsi le Judaïsme n’a-t-il jamais cessé d’évoluer.

Les religions.


L’histoire de la religion de -1850 à l’an 1 000.

– 1850.

Abraham quitte sa terre natale
Selon la Torah, le patriarche hébreu Abraham reçoit les révélations de Yahvé, qui lui demandera de quitter la ville d’Our, sa terre natale. Accompagné de sa femme, Sarah, et de son neveu, Loth, il se rendra à Haran. Ils vivront quelques temps en nomade. A Sichem, Yahvé promettra de donner le territoire à sa descendance. Affecté par la famine, le groupe trouvera ensuite refuge en Égypte. Rapidement expulsés, Abraham et Sarah s’installeront finalement à Canaan tandis que Loth se rendra à Sodome. Abraham conclura une alliance avec Yahvé, scellée par le rite de la circoncision. Ce pacte devra lui assurer une descendance masculine. C’est ainsi que viendra au monde Isaac, alors qu’Abraham avait atteint l’âge de cent ans. Les Juifs se considéreront plus tard comme descendants d’Abraham, premier à vénérer le Dieu unique.

– 1250.

Moïse mène les Hébreux hors de l’Égypte
D’après la TorahMoïse libère le peuple hébreu de l’esclavage. Ayant reçu les dix commandements au mont Sinaï, il ordonne àPharaon de libérer son peuple. Ce dernier refuse et l’Égypte voit s’abattre sur elle les dix plaies infligées par Yahvé. Le Pharaon,Ramsès II, les autorise finalement à quitter le territoire. Après un périple de plus de quarante ans, le peuple atteint enfin laPalestine, la Terre promise. Il transportera avec lui les tables de la loi (dix commandements) qui plus tard seront mises à l’abri dans l’Arche d’alliance.

– 997.

David conquiert Jérusalem
Deuxième roi d’Israël, vainqueur de Goliath, David s’empare deJérusalem et y établit la capitale de son royaume. Il envisage d’abriter l’Arche d’alliance au cœur d’un grand temple, mais Dieu le lui interdit par l’intermédiaire du prophète Nathan. En effet, un homme de guerre ne peut pas édifier un temple de paix. Son fils,Salomon, accomplira cette tâche au cours de son règne. Des siècles plus tard, on attribuera à David la rédaction de nombreux psaumes bibliques.

– 968.

Salomon succède à son père, David
Salomon monte sur le trône du pays de Canaan, qui s’étend alors de l’Euphrate à Gaza. Il améliorera les relations commerciales de son peuple avec les terres alentours et séparera le territoire en douze districts. Il parviendra ainsi à unifier son empire avec pour objectif principal la prospérité de Jérusalem. Il y construira le Premier Temple, entouré de hauts remparts et abritant les Tables de la loi, reçues par Moïse. À sa mort, son empire rayonnant sera divisé : le royaume d’Israël s’étendra au nord tandis que le royaume de la Judée occupera le sud.

– 722.

Les Assyriens chassent les Juifs
Le roi Salmanazar V et ses troupes assyriennes envahissent le royaume d’Israël. Quelques années plus tard, le royaume de laJudée, au sud, subira à son tour la domination assyrienne, menée cette fois par le roi Sargon II. Les Israélites seront contraints de s’exiler et de se disperser sur les territoires alentours. Le Templede Jérusalem ne subira toutefois aucun dommage particulier suite à cette première invasion.

– 597.

Le roi de Babylone s’empare du royaume hébreu
Les troupes mésopotamiennes envahissent le territoire israélite, guidée par leur roiNabuchodonosor II. Ce dernier détruit le Temple de Jérusalem et fait déporter les Israélites à Babylone. Cet exil marque le début de la première Diaspora, qui bouleversera quelque peu les anciennes croyances juives. Le monothéisme sera renforcé et Yahvé apparaîtra alors comme l’unique divinité de l’univers et ce, pour tous les peuples.

– 563.

Naissance de Bouddha
Siddharta Gautama naît dans un bois sacré, à Lumbini, région actuellement située entre l’Inde et le Népal. A l’âge de 29 ans, découvrant la souffrance du peuple et la misère de la mort, le jeune aristocrate décide de quitter ses biens pour mener une vie ascétique. Six ans plus tard, choisissant la méditation, la voie moyenne entre jouissance et austérité, il parvient à « l’Eveil ». Il en tirera le titre de Bouddha et, dispensant son enseignement, il deviendra le plus célèbre d’entre eux pour mourir à l’âge de quatre-vingt ans.

– 539.

Les Perses conquièrent la Mésopotamie
Lorsque les Perses s’emparent de la Mésopotamie, ils autorisent le peuple juif à réintégrer leurs terres. Tous n’emprunteront pas cette voie et poursuivront leur existence à Babylone ou dans les territoires qui les ont accueillis lors de la Diaspora. Des années plus tard, le nouveau Temple de Jérusalem sera édifié et attirera d’autres exilés. Toutefois, le monument n’égalera pas le Templed’autrefois et la monarchie ne sera pas restituée dans le royaume

– 525.

Bouddha prononce le Sermon de Bénarès
Bouddha prononce un discours devant ses cinq premiers disciples. Il souhaite ainsi leur faire partager les voies qui mènent à l’Éveil, connu aussi sous le nom de « nirvana« . Il dicte alors les Quatre Nobles Vérités sur lesquelles reposent les croyances bouddhiques : il s’agit de définir la souffrance, d’en déterminer la provenance, d’accepter que l’on puisse y mettre fin et de comprendre comment y parvenir.

– 480.

Mort de Bouddha
Gautama, connu plus tard sous le nom de Bouddha, meurt à unâge très avancé, au terme d’une vie d’ascète et d’errance. Il est le fondateur de la philosophie religieuse du bouddhisme. Peu de temps après sa mort, un premier concile se serait déroulé à Rajagrha, rassemblant les moines de la communauté bouddhique. Ceux-ci auraient alors évoqué ensemble tous les enseignementsde Bouddha, donnant ainsi naissance à une longue tradition orale.

-370.

Concile bouddhique de Vaisali
Aux alentours de 370 avant J.-C., les moines bouddhistes se réunissent à Vaisali pour un IIe concile. Ce rassemblement donne lieu à des confrontations entre les disciples sur la vie monastique et certains aspects de la doctrine, tels que la sainteté des individus ayant atteint l’Éveil. Le concile provoque alors un schisme. La communauté bouddhique se sépare en deux tendances, celle des Mahasamghika, qui auraient adopté dix nouvelles réformes disciplinaires, et celle des Sthaviravadin, fidèles aux anciennes règles. Toutes les querelles donneront finalement naissance à une vingtaine d’écoles différentes.

– 332.

Alexandre le Grand conquiert la Judée
Le roi de Macédoine chasse les Perses du territoire et concède aux Juifs une certaine liberté. Durant le règne des Ptolémées, de nombreux Juifs s’installeront à Alexandrie. La culture hellénistique se propagera rapidement dans le royaume et influencera les croyances juives. Des conflits éclateront toutefois entre Juifshellénistes et Juifs opposés.

– 249.

IIIe concile bouddhique à Pataliputra
Vers 249 avant J.-C., un troisième concile bouddhique se déroule à Pataliputra, sous l’impulsion du roi Asoka. Les disciples y abordent les thèmes de l’existence de l’âme, tentent de mettre au point une certaine orthodoxie du bouddhisme et lancent son expansion au-delà des frontières.

– 242.

Le bouddhisme se répand à Ceylan
Fils du roi Asoka, Mahinda se rend à Ceylan dans le but de répandre le bouddhisme. Son discours aurait alors convaincu le souverain des lieux. L’adoption du bouddhisme à Ceylan aurait alors mené à la construction du monastère Mahavihara, qui deviendra un grand centre de la doctrine des « Anciens », appelée « Theravada ».

– 165.

La révolte maccabéenne
Judas Maccabée reprend Jérusalem après que le successeur d’Alexandre a fait ériger un autel dédié à Zeus au cœur du Templede Jérusalem. Après sa victoire, Judas Maccabée mettra en place la dynastie des Asmonéens. Il s’appliquera à purifier et embellir le Temple, donnant lieu plus tard à la cérémonie de l’Hanoukka. Quelques années plus tard, l’indépendance de laJudée sera reconnue par la Syrie, mais les conflits entre juifshellénistes et les autres affaibliront le royaume, ouvrant grand la porte du royaume aux Romains.

– 37.

Hérode le Grand est proclamé « roi des Juifs »
À la mort de son père, Antipater, Hérode le Grand s’empare des rênes de la Judée. C’est ainsi que quelques années après l’invasion romaine, il est proclamé « roi des Juifs« . Il doit rapidement faire face aux conflits entre les Juifs sadducéens et les Juifs pharisiens. Son règne connaîtra toutefois une certaine prospérité, marquée par l’architecture et la reconstruction duTemple de Jérusalem.

30.

Crucifixion de Jésus

Condamné pour blasphème parce qu’il se dit fils de Dieu, Jésus deNazareth est crucifié à Jérusalem sur ordre de Ponce Pilate. Le jour de sa crucifixion, il avait selon les thèses entre 33 et 35 ans. La Résurrection du Christ aura lieu, selon les Écritures, trois jours plus tard. Toujours selon le Nouveau Testament, l’Ascension, moment où le Christ s’élève au Ciel, se déroulera quant à elle quarante jours après son retour à la vie. Deux iconographies illustrant la scène traverseront les siècles. Lapremière le montre parmi les nuages, s’élevant vers les cieux. La seconde le représente sur le Mont des Oliviers, pris par la main de Dieu. Toujours selon les Écritures, les apôtres recevront, après l’Ascension, l’Esprit saint que Jésus leur avait promis lors de la Cène, son dernier repas.

32.

Etienne est lapidé

Aux alentours de 32, le diacre Étienne est conduit devant le Sanhédrin – aréopage juif – pour répondre à l’accusation de blasphème qui pèse contre lui. Au terme d’un long discours par lequel il tente de justifier ses positions chrétiennes, il est condamné à mort, conduit de force hors de la ville et lapidé. Saul de Tarse, qui deviendra plus tard saint Paul, assiste à la sentence, récupère les vêtements des bourreaux et approuve la punition. Saint Étienne sera considéré comme l’un des premiers martyrs chrétiens.

34.

Saul de Tarse se convertit

Alors qu’il se rend à Damas dans le but de combattre les communautés chrétiennes, Saul de Tarse reçoit une vision bouleversante du Christ, l’interrogeant sur les raisons de ses persécutions. Saul se convertit aussitôt. Aveuglé par la lumière de la scène, il n’aurait retrouvé la vue qu’en se faisant baptiser. Élevé dans le pur respect de la Loi juive, Saul était devenu l’ennemi des chrétiens, au lendemain de la crucifixion de Jésus. Il aurait même approuvé le martyre d’Étienne, exécuté par lapidation peu de temps avant. Cette révélation qui modifie le cours de son destin, le transformera en un grand prédicateur qui, sous le nom de Paul, parcourra les routes d’Asie Mineure et de Grèce pour transmettre le message du Christ. Selon les Actes des Apôtres, Paul effectuera ainsi trois grands voyages missionnaires.

44.

Paul voyage en Asie Mineure

Converti au christianisme depuis quelques années, Paul quitte Antioche et prend la route en direction de Chypre, accompagné de Barnabé. Après avoir converti le proconsul, il se rend en Asie Mineure, dans les villes d’Antioche de Pisidie, de Lystres et de Derbé. Dès lors, il fonde plusieurs communautés chrétiennes au cœur des territoires non évangélisés. Il est très souvent reçu à coup de pierres par les juifs de la région. Il ne regagnera Antioche qu’en 47, puis effectuera deux autres voyages missionnaires, l’un à partir de 50 et l’autre dès 54.

48.

Réunion du concile de Jérusalem

Les dirigeants de l’Église de Jérusalem rencontrent les chrétiens Pierre, Paul et Barnabé afin de statuer sur la question du paganisme. Ils se demandent si les païens qui ont adopté la religion chrétienne doivent ou non observer en plus les pratiques imposées par la Loi juive. Au terme de cette rencontre, les participants se mettront d’accord sur le fait que la seule conversion au christianisme suffit au salut des gentils. Cette décision aura pour conséquence d’amener davantage de convertis issus du paganisme au sein de l’Église chrétienne. Par ailleurs, l’esquisse d’une rupture entre les religions juive et chrétienne se profile.

50.

Paul repart pour l’Asie Mineure

Revenu de son premier voyage missionnaire il y a trois ans, Paul quitte Jérusalem, où il avait assisté au concile, pour se rendre une nouvelle fois en Asie Mineure. Il est alors accompagné de Silas et de Timothée. Après s’être assuré de la bonne foi des communautés chrétiennes qu’il avait installées à Lystres, Derbé et Antioche de Pisidie, il prend la mer en direction de la Macédoine. Il établit les églises de Philippes et de Thessalonique et passe quelques temps à Athènes, puis à Corinthe, où il fonde une nouvelle communauté. Ainsi, le christianisme se développe progressivement dans la plupart des régions qu’il parcourt, malgré le mauvais accueil que lui réservent les Juifs.

54.

Dernier voyage missionnaire de Paul

Paul entreprend un troisième voyage, suivant à peu de choses près le même trajet que le précédent. Parti d’Antioche, il traverse l’Asie Mineure, où il séjourne quelques temps à Éphèse. Il rejoint ensuite la Macédoine, puis Corinthe, en Grèce pour finalement arriver à Tyr. Durant son parcours, il rédige plusieurs épîtres qui seront regroupés dans le Nouveau Testament. Toujours selon les Actes des Apôtres, il aurait été arrêté à Jérusalem, après avoir provoqué une vive colère au sein de la communauté juive. Retenu captif à Césarée durant deux années, il aurait ensuite été conduit à Rome, puis libéré avant d’être à nouveau emprisonné. Il aurait alors été exécuté vers 65.

64.

Saint Pierre est martyrisé

L’un des principaux apôtres de Jésus (d’après l’Évangile) est crucifié à Rome, suite aux persécutions de Néron vis-à-vis des Chrétiens. Le Christ lui aurait donné son nom pour symboliser sa fonction de fondateur de l’Église. La tradition romaine fera de lui le premier pape. Des siècles plus tard, un doute subsistera quant à la date précise de sa mort. Certains s’accorderont à dire qu’elle eut lieu en 67.

70.

Destruction du Temple de Jerusalem

Les troupes romaines de Titus s’emparent de la ville de Jérusalem: le Temple est brûlé et les habitants sont déportés comme esclaves. Le Temple, bâti par Salomon en 970 avant J.-C et reconstruit par Hérode en 19 avant J.-C, était le symbole et le centre du pouvoir religieux et politique des Juifs. Seul le mur occidental de soutènement de l’esplanade du Temple restera debout. Il sera appelé plus tard le « Mur des lamentations ». La destruction du Temple constitue par ailleurs un élément déterminant pour la religion chrétienne, qui se détache alors de plus en plus de ses origines juives.

73.

La prise de Massada

Après une année de lutte sanglante pour réprimer la révolte juive, les Romains s’emparent de la ville de MassadaJérusalem n’avait pas résisté longtemps à leurs assauts, mais les habitants de Massada furent plus endurants. Conscients de leur défaite, plusieurs centaines d’entre eux se donneront la mort plutôt que d’être chassés ou tués par leurs ennemis.

112.

Rescrit de Trajan sur les persécutions chrétiennes

En réponse aux interrogations du gouverneur de Bithynie Pline le Jeune, Trajan établit les principes de la persécution chrétienne. Il explique qu’il n’est pas nécessaire d’enquêter pour découvrir les chrétiens mais qu’il faut néanmoins condamner ceux qui font l’objet de dénonciations régulières. Ces derniers peuvent toutefois être acquittés s’ils abandonnent publiquement leur religion. Relativement modérée sous l’empereur Trajan, la persécution à l’encontre des chrétiens prendra davantage d’ampleur à la fin du siècle.

132.

Bar-Kokhba mène une révolte juive

Simon Bar-Kokhba soulève le peuple juif contre l’empereur romain Hadrien. Depuis des années les Juifs s’opposent à l’autorité de Rome en vain. Cette révolte s’étendra sur trois années et aboutira à une sévère défaite. Aux nombreux morts s’ajoutera l’expulsion des Juifs de Jérusalem. La ville, renommée Aelia Capitolina, leur sera totalement interdite et Hadrien donnera à la Judée le nom de Palestine.

177.

Persécution des chrétiens de Lyon

Sous l’empereur Marc Aurèle, les chrétiens de Lugdunum, la future ville de Lyon, sont férocement persécutés. Malmenés par la foule, ils sont ensuite arrêtés en grand nombre. Parmi eux figurent le vieil évêque Pothin et la jeune esclave Blandine. Tous sont torturés pour qu’ils abjurent. Une dizaine d’entre eux cèdent rapidement tandis que la plupart confessent leur foi avec détermination. Après maintes tortures, le courage de la frêle Blandine étonne ses bourreaux et les témoins de la scène. Les martyrs de Lyon marqueront profondément l’histoire de la ville.

258.

Saint-Denis est décapité à Montmartre

Le premier évêque de ParisSaint Denis, est décapité après avoir été repéré par un gouverneur romain. Décrit par Saint Grégoire de Tours comme l’un des acteurs de l’évangélisation de la Gaule,Saint Denis est aussi connu pour la légende qui prétend que le religieux s’est relevé après avoir été décapité à Montmartre. Marchant alors pendant six kilomètres avec sa tête dans les bras, il aurait donné cette dernière à une croyante avant de s’écrouler. C’est dans ces lieux que la basilique Saint-Denis fut construite pour rendre hommage à l’évêque. Une autre tradition veut qu’une femme romaine du nom de Catulla fit enterrer son corps qui devait être jeté dans la Seine. La date de sa mort reste sujet à caution.

303.

Dioclétien persécute les chrétiens

Alors que ses prédécesseurs ont plus ou moins poursuivi les persécutions à l’encontre des chrétiens, Dioclétien publie plusieurs édits meurtriers. Depuis le début du siècle et malgré le nombre élevé de condamnations, le christianisme ne cesse de se développer. Conscient du phénomène, l’empereur romain décide d’anéantir cette religion. Il mène de féroces persécutions, fait fermer les églises et interdire les ouvrages sacrés. Étendue sur dix années, la persécution de Dioclétien sera considérée comme la plus dure de l’Histoire. Il faudra attendre le règne de Constantin Ier pour que les chrétiens retrouvent leur liberté de culte.

313.

Constantin promulgue l’édit de Milan

Au lendemain de la bataille du pont Milvius, l’Empereur romain Constantin Ier et Lucinius se concertent et décident de rétablir la liberté de culte. En promulguant l’édit de Milan, l’Empereur met un terme à plusieurs siècles de persécutions à l’encontre des chrétiens. Désormais tolérés au sein de l’Empire, ces derniers pourront récupérer leurs lieux de culte et leurs biens, confisqués dans les années précédentes. Constantin, quant à lui, se convertira finalement et sera baptisé sur son lit de mort.

325.

Le concile de Nicée se réunit

L’Empereur Constantin convoque le tout premier concile œcuménique à Nicée, dans le but d’établir l’unité de l’Église en Orient comme en Occident. Il espère ainsi mettre fin au conflit causé par l’arianisme, qui nie la nature divine du Christ. Au terme de plusieurs mois de discussions, cette doctrine sera condamnée. En effet, le Fils de Dieu sera considéré comme « consubstantiel » – autrement dit de nature semblable – au Père. Ainsi, les évêques adopteront le Symbole de Nicée, profession de foi chrétienne, et définiront la date précise du jour de Pâques. Dans cette même voie, l’empereur Théodose Ier promulguera plus tard l’édit de Thessalonique, qui sera suivi par le concile de Constantinople, en 381. Le christianisme occupe donc une place de plus en plus importante au sein de l’Empire, lequel intervient également pour en fixer les caractéristiques.

337.

Constantin est baptisé sur son lit de mort

Constantin Ier, qui donna un nouveau souffle au christianisme, se fait baptiser à l’orée de sa mort. Étant le tout premier empereur romain de foi chrétienne, Constantin participe sans conteste à l’expansion de l’Église en Orient, comme en Occident.

380.

Théodose Ier promulgue l’édit de Thessalonique

Alors que l’empereur Julien avait tenté en vain de rétablir le paganisme, Théodose Ier promulgue un édit qui fait du christianisme la religion d’État. Désormais, la foi en la divinité de la sainte Trinité sera obligatoire au sein de l’EmpireThéodose soutient ainsi les enseignements dispensés par les évêques d’Alexandrie et de Rome contre l’arianisme, alors totalement proscrit. Pour consolider ces dispositions, Théodose réunira un concile œcuménique à Constantinople.

381.

Premier concile de Constantinople

L’Empereur Théodose Ier réunit un concile œcuménique à Constantinople afin de définir encore plus concrètement les caractéristiques de la foi chrétienne pour tout l’Empire. Les évêques adoptent alors le symbole Nicée-Constantinople et statuent sur la nature du Saint-Esprit. Ils définissent ainsi ce dernier comme consubstantiel au Père et au Fils. Après avoir condamné l’arianisme et plusieurs autres groupes religieux, ils s’accordent sur le fait que l’évêque de Constantinople se situe en deuxième position de l’ordre honorifique, après celui de Rome.

387.

Augustin est baptisé

Tout juste converti au christianisme, Augustin se fait baptiser par l’évêque de Milan, Ambroise. Grand érudit, il se passionne depuis sa jeunesse pour la philosophie, et la lecture de plusieurs œuvres néoplatoniciennes influencent sans conteste sa conversion. Nommé évêque d’Hippone en 395, il se consacrera pleinement à ses activités pastorales. Ancien professeur de rhétorique, il mettra ses talents au service d’une écriture religieuse qui fait de lui l’initiateur de l’Église d’Occident. Parmi ses écrits qui traverseront les siècles figurent les « Confessions » et la « Cité de Dieu ».

430.

Mort de Saint Augustin

Le théologien Saint Augustin décède à l’âge de 75 ans dans la colonie romaine d’Hippone (Afrique du Nord), alors assiégée par les Vandales. Convertit tardivement en 387, il devint évêque d’Hippone en 396. Ses ouvrages, dont « La Cité de Dieu », auront une influence considérable sur l’Eglise catholique et la culture occidentale.

432.

La mort de Saint Patrick

Évêque d’Irlande, Saint Patrick décède après avoir accompli sa mission religieuse dans le pays. Débarqué sur l’île des années plus tôt, il avait prêché l’Évangile auprès des rois irlandais, portant le symbole fort de la feuille de trèfle. Il considérait la plante comme la représentation naturelle de la Sainte-Trinité. Des siècles plus tard, la journée du 17 mars lui sera entièrement consacrée par le peuple irlandais.

451.

Réunion du concile de Chalcédoine

L’empereur d’Orient Marcien convoque un concile œcuménique dans le but de mettre fin aux convictions monophysites. Plusieurs centaines d’évêques condamnent alors cette doctrine prônée par Eutychès et qui nie la nature humaine du Christ. Au terme des discussions, la double nature du Christ, à la fois humaine et divine, est affirmée. Les deux sont totalement indissociables de son Être. Parmi les nombreux canons adoptés, l’un deux, qui consacre l’égalité patriarcale entre l’évêque de Constantinople et le pape de Rome, sera refusé par le pape Léon le Grand.

499.

La rédaction du « Talmud de Babylone »

Le « Talmud de Babylone », ensemble de lois orales (la « Mishna ») et de commentaires rabbiniques (la « Gemara »), est clôturé. Une autre version, le « Talmud de Jérusalem » avait été réalisé au siècle précédent mais n’était pas aussi approfondie. Ces écrits représentent un ensemble concret des fondements oraux de la religion juive et sont l’œuvre des sages amoraïm. Au fil des siècles, le « Talmud de Babylone » sera complété par différents rabbins et notamment par le rabbin français Rachi, qui fondera une grande école talmudique.

537.

Inauguration de la basilique Sainte Sophie 

L’Empereur Justinien inaugure à Constantinople (actuelle Istanbul) la basilique Sainte-Sophie construite par les architectes Anthémios de Tralles et Isidore de Milet. Chef d’œuvre de l’architecture byzantine elle est élaborée avec des matériaux précieux et des éléments pris aux temples de Grèce ou d’Egypte. Sainte-Sophie deviendra une mosquée quand les Ottomans du sultan Mehmet II prendront Constantinople en 1453.

552.

Le Japon découvre le bouddhisme

Le souverain de Paekche, un royaume de Corée, fait parvenir des sculptures et des textes bouddhiques à la cour du Japon. Le bouddhisme va alors se répandre progressivement dans le pays et deviendra, au VIIe siècle, la principale religion de l’Empire japonais. Des siècles plus tard, la date de 552 sera contestée et certains spécialistes lui préféreront la date de 538.

594.

Le bouddhisme religion d’État au Japon

Le prince régent Shotoku fait publier un décret par lequel il favorise l’enracinement du bouddhisme au Japon en le déclarant religion d’État. Il souhaite alors ouvrir l’Empire à l’influence chinoise, tant sur le plan religieux qu’administratif. En 603, il aurait rédigé une Constitution exposant un ensemble de principes moraux inspirés du confucianisme et du bouddhismeShotoku favorisera également la construction de nombreux temples bouddhiques, dont le Horyu-ji.

622.

Début de l’ère musulmane

Persécuté par des tribus arabes polythéistes mecquoises qui ne croient pas à la conversion à un dieu unique, Mahomet quitte la Mecque pour se réfugier à Yathrib, la future Médine. C’est à partir de cette ville, rebaptisée Madinat al-Nabî (« ville du prophète »), qu’il va diffuser son message religieux à toute la péninsule arabique. Pour les musulmans, le départ de Mahomet marque le début de l’ère musulmane. Cet épisode fondateur prendra le nom d’Hégire, du mot arabe « hijra » qui signifie « émigration ».

624.

Mahomet vainc les caravanes qorayshites à Badr

Depuis sa révélation, Mahomet tente d’organiser et de diffuser sa loi monothéiste au sein de la communauté médinoise. Son but était alors de conquérir la Mecque. Pour cela, il eut recours au soutien de la population de Médine. Sous forme de petites expéditions, Mahomet commença à attaquer les caravanes mecquoises. Il obtient alors sa première grande victoire à Badr. Malheureusement, les réjouissances seront de courtes durées. Il devra attendre 628 et le traité de Hudaibiya pour y être officiellement reconnu. En compagnie de sa communauté, il y accomplira un pèlerinage. Grâce aux alliances qu’il y noue, sa popularité grandira et lui permettra de conquérir pacifiquement les lieux en 630.

630.

Mahomet conquiert La Mecque

Le prophète s’empare de la ville tant convoitée. S’y étant allié à plusieurs personnages influents durant un pèlerinage (notamment par ses douze mariages), il obtient, sans recours à la violence, la reddition. Dès lors, le temple de la Kaaba deviendra le centre de l’islam et s’ouvrira à tout l’ensemble des Musulmans. Rapidement, la population qui s’opposait à lui depuis longtemps se convertira et l’islam se répandra peu à peu en Arabie. L’islam reposera alors sur la loi du Coran et sur la tradition de la « Sunna ».

632.

Abou Bakr succède à Mohamed

Beau-père du prophète, Abou Bakr est proclamé calife. Il parviendra alors à apaiser les dissensions entre Médinois et Mecquois, liées à la succession de Mahomet. L’islam s’impose dès lors sur toute l’Arabie. Omar, fidèle du Prophète, sera désigné pour lui succéder et conquerra la Syrie, l’Égypte et la PerseOmar sera finalement assassiné en 644, laissant la place à Othman qui poursuivra les conquêtes.

La mort du prophète Mahomet

Mahomet, le messager d’Allah, le prophète de l’islam, meurt à Médine (Arabie Saoudite). Après 20 ans de révélations coraniques et d’actions politico-religieuses, et malgré des divisions internes, la communauté musulmane est en voie de constitution, avec ses croyances, son culte, ses règles de vie, ses hiérarchies de pouvoir (califat, imamat). Les Arabes sont le dernier peuple du monde méditerranéen ancien à embrasser le monothéisme.

642.

La chute d’Alexandrie

Les Arabes ont profité des troubles de l’Égypte byzantine pour envahir les terres quelques années plus tôt. Sous le commandement d’Amr, les troupes musulmanes soumettent la ville d’Alexandrie et s’emparent de la totalité du pays. L’Égypte sera annexée par l’Empire des Omeyyades puis des Abbassides. La population sera rapidement islamisée, abandonnant définitivement les croyances coptes.

650.

La version définitive du Coran est réalisée

Le Calife Othman confie aux disciples de Mahomet la transcription des révélations de Gabriel dans une version officielle du Coran. En effet, selon les croyances musulmanes, Mahomet reçut en arabe les paroles sacrées d’Allah par l’intermédiaire de l’ange. Après sa mort, en 332, ses fidèles tentèrent de mettre par écrit ce qui jusqu’alors se transmettait oralement. La recension sous Othman établit concrètement les textes coraniques qui feront l’objet de contestations. Par ailleurs, écrits dans un arabe encore peu courant, ces derniers seront sujets à différentes interprétations. Ils n’en constitueront pas moins la version définitive du livre sacré.

657.

Bataille de Siffin

Ali, le gendre du prophète Mahomet, est nommé quatrième calife, c’est-à-dire remplaçant du prophète. En désaccord avec cette décision, le gouverneur de Damas, Moawiya, prend les armes contre le nouveau calife à Siffin sur les bords de l’Euphrate (Irak actuel). Pendant la bataille, Moawiya a l’idée de brandir des versets du Coran au bout des lances de ses soldats. Ali se retrouve alors dans l’incapacité de poursuivre le combat et accepte l’arbitrage qui lui est proposé. Mais ce compromis lui sera fatal : une partie de ses partisans, les kharidjites, considérera l’arbitrage humain comme un outrage à la justice divine. Ali sera assassiné le 24 janvier 661.

661.

Mort d’Ali, gendre de Mahomet

Le gendre du prophète Mahomet et quatrième calife (remplaçant du prophète) est assassiné d’un coup d’épée empoisonnée devant la mosquée de Koufa, en Mésopotamie (Irak aujourd’hui). Son assassin n’est autre qu’un de ses ex-partisans devenu adepte de la secte kharidjite. La mort d’Ali entraîne un grave schisme dans le monde musulman entre les shiites d’Ali, qui prônent une grande rigueur dans la pratique de la religion, et les sunnites, défenseurs d’une application souple de la doctrine musulmane. Le prochain calife, Moawiya, un sunnite, établira la capitale de l’empire arabe à Damas et fondera la dynastie héréditaire des Omeyyades.

680.

Le massacre de Kerbela

A la mort du calife Muawiya, qui avait dépossédé Ali et fondé la dynastie omeyyade, Yazid, son fils, fut promu à la succession.Hussein, fils d’Ali et de Fatima, s’y opposa fortement et décida de rejoindre la ville de Koufa (Irak) pour soutenir la révolte. Sur le trajet, il est massacré à Kerbela par les omeyyadesHussein sera considéré par les chiites comme un martyr. Ces derniers s’opposent au califat omeyyade, selon eux contraire à l’Islam primitif. Par ailleurs, il revendique le pouvoir de l’imâm, descendant d’Ali doué de connaissances divines, contre celui des califes. Bien que troublant le monde musulman dans sa totalité, cet épisode creusera davantage le fossé entre les chiites et les sunnites.

700.

L’islamisation de l’Afrique du Nord

Les Arabes, lancés dans la conquête de l’Afrique du Nord depuis des années, sont parvenus à chasser les Byzantins du Maroc. Ils s’installent alors plus concrètement sur le territoire. La majorité des tribus berbères, présentes depuis la préhistoire, sont enrôlées dans les armées arabes en partance pour l’Espagne. La plupart d’entres elles se convertiront à l’Islam mais d’autres, issues des montagnes marocaines, se révolteront encore contre cette invasion.

711.

Les musulmans à la conquête de l’Espagne

Le dernier roi wisigoth Rodrigue est battu sur le Rio Barbate par une expédition militaire berbère emmenée par le lieutenant Tarik. Sous les ordres du gouverneur arabe Musa ibn Nusayr, ce dernier était parvenu à franchir le détroit de Gibraltar afin d’entreprendre la conquête de l’Espagne. Leur percée spectaculaire anéantira le royaume wisigoth. En effet, presque toute la péninsule tombera bientôt sous l’égide musulmane. Seuls quelques bastions montagneux du nord y résisteront.

720.

Fondation de l’abbaye de Saint-Gall

L’abbaye de Saint-Gall est érigée afin de renforcer les missions évangéliques lancées sur le territoire. Le moine irlandais Colomban fut le premier à tenter d’évangéliser les populations suisses, appelées les Alamans et installées depuis le Ve siècle.

747.

Padmasambhava répand le tantrisme au Tibet

Le moine Padmasambhava introduit le bouddhisme tantrique au Tibet. Cette tendance bouddhique aussi nommée « Véhicule de Diamant » (Vajrayana), est dérivée du tantrisme hindoue et du « Grand Véhicule » (Mahayana), doctrine bouddhique misant sur l’expansion religieuse. Le tantrisme s’enracinera profondément au Tibet, lequel deviendra une théocratie dès le XVIIe siècle.

750.

La troisième dynastie de califes est fondée

Abu al-Abbas al-Saffa met en place la dynastie des Abbassides. Descendant d’Abbas, un riche marchand converti à l’islam en 629 et oncle de Mahomet, il parvient à renverser les Omeyyades. Dès 749, il sera alors le premier calife d’une dynastie qui règnera jusqu’en 1258. Son successeur établira la capitale de l’empire musulman à Bagdad, en Irak. Durant leur règne, les Abbassides devront faire face à de nombreuses communautés autonomes, aux révoltes chiites. Souvent, les califes abbassides n’exerceront qu’un pouvoir nominal.

800.

La dynastie des Aghlabides

Ibrahim ibn el-Aghlab fonde sa dynastie et règne ainsi sur l’Ifriqiya (Tunisie, territoires annexes). Sous l’autorité nominale du calife de Bagdad, il établit sa capitale à Kairouan et la pare de monuments remarquables. Ses successeurs et lui-même s’appliqueront à développer les arts et la culture islamique. Ils pousseront plus tard leurs frontières jusqu’en Sicile mais seront finalement chassés par les Fatimides en 909.

827.

Al-Mamoun fait du mutazilisme une croyance d’État

Le calife abbasside désire faire de la théologie mutazilite un dogme d’État. Il persécute alors ses opposants, intégrant la doctrine par la terreur. L’école mutazilite avait été fondée au IXe siècle, s’inspirant de traductions d’ouvrages philosophiques grecs. Elle soutenait que le Coran avait été créé au moment de la révélation et réfutait donc son caractère éternel. Fondée sur le raisonnement logique, l’école préconisait également la capacité humaine à différencier le Bien du Mal et donc à choisir librement son camp. Fortement attaqué par le théologien al-Achari, le mutazilisme est abandonné durant le règne de Mutawakkil (847-861).

845.

Persécution du bouddhisme en Chine

Le bouddhisme chinois connaît la plus grande persécution de son histoire. En effet, sous la dynastie des Tang, alors que le confucianisme connaît un nouvel essor, le bouddhisme est proscrit par un décret interdisant toute religion étrangère en Chine. Les temples, les autels et les monastères sont détruits ; les moines, autrefois riches et désormais sans ressource, se dispersent. Cette proscription émane de la situation économique et politique du pays. En effet, les monastères disposaient d’une fortune colossale et leurs membres échappaient aux taxations et au service militaire. Aussi, nombreux étaient les habitants qui se faisaient moine par intérêt matériel. Cette protection des moines inquiétait également le gouvernement car elle pouvait donner naissance à des complots. Cet épisode marque le début du déclin du bouddhisme qui pourtant avait connu une ferveur considérable au cours des siècles précédents. De nombreuses sectes créées en Chine disparaîtront.

922.

Al-Hallaj, grand soufi, est supplicié

Adepte du mouvement théologique soufi, al-Hallaj est soumis à la torture puis exécuté. Plus ou moins opposé aux conceptions orthodoxes, le soufisme apparut en Irak, sous les Abbassides. Ses disciples rejetaient l’importance des biens matériaux pour des croyances plus spirituelles. Des années après la mort de son grand maître, le soufisme sera concilié avec l’orthodoxie par al-Ghazali. Les doctrines du soufisme se développeront et s’étendront au cours des siècles, donnant naissance à de nombreuses confréries.

969.

Fondation du Caire

Les chiites Fatimides s’installent en Egypte et établissent leur capitale au Caire, réduisant l’autorité des Abbassides. Le tracé de la ville est fait au Nord des faubourgs de l’ancienne capitale musulmane du pays, Fûstat. La nouvelle cité prend le nom de Al-Kahira, « la Martienne », en raison de l’horoscope. La construction de la mosquée d’Al-Azhar commencera un an plus tard.

1000.

L’Islande se christianise

Suite à la décision de l’Althing, le christianisme devient la religion officielle de l’Islande. Depuis quelques temps, le roi de Norvège insistait fortement pour que cette mesure soit effective. C’est ainsi que deux évêchés seront créés, sous l’archevêché de Trondheim. Le premier sera fondé au sud, à Skalholt, en 1056 et le second au nord, à Holar, en 1066. Un christianisme d’obédience catholique perdurera en Islande jusqu’au XVIe siècle, lorsque la Réforme sera introduite par les Danois.