Le Christianisme

Christianisme : Définition, histoire & origine

L’une des principales religions du monde, le Christianisme, professe, comme le Judaïsme et l’islam, la foi en un Dieu unique. Par cette référence, il cherche à investir la vie humaine de valeurs et offre un salut. Il constitue une religion révélée à la fois dans les Écritures et dans la personne de Jésus Christ.

Naissance du Christianisme

L’activité de Jésus – prophète et réformateur religieux qui prêche de l’an 27 à l’an 30 de notre ère en Palestine – marque le début du Christianisme. À cette époque, la Palestine appartient à Rome et se distingue par sa religion, le Judaïsme, qui a un statut particulier dans l’Empire en raison de sa foi en un Dieu unique (monothéisme). L’occupation étrangère est fortement ressentie dans le pays, où le pouvoir politique local est de plus en plus amoindri et partagé. Les fils d’Hérode, le dernier roi juif, lui-même inféodé à Rome, sont sous le contrôle d’un préfet romain dépendant du légat de la province de Syrie. Les impôts sont lourds et la déstabilisation sociale et politique s’accompagne d’une agitation religieuse. Le Judaïsme est partagé en plusieurs courants, mais les pratiques religieuses et le rôle du Temple de Jérusalem sont des éléments communs aux courants dominants.

Après les conquêtes d’Alexandre au Ive siècle av. J.-C., la rencontre des mondes grec et oriental a produit une culture qui est devenue celle de tout le Bassin méditerranéen: l’hellénisme fut adopté avec sa langue (le grec) par l’Empire romain. Mais sa visée assimilatrice et les compromissions religieuses et politiques avec le pouvoir dominant provoquent des mouvements de protestation à l’intérieur du Judaïsme, qui s’appuient souvent sur l’attente fébrile d’un messie envoyé par Dieu pour rétablir la justice et la paix.

Les courants de renouveau du Judaïsme sont multiples. Ils peuvent être teintés de nationalisme (comme le mouvement zélote) ou axés sur la protestation religieuse (comme le mouvement des esséniens, vivant en communautés dans le désert). L’un d’eux est celui de Jean le Baptiste, qui prêche et baptise loin des centres importants. Son baptême assume le rôle (pardon des péchés) que le Judaïsme orthodoxe attribue aux sacrifices offerts dans le Temple de Jérusalem.

L’activité de Jésus et le Judaïsme

Jésus, à la suite de Jean-Baptiste, annonce la venue imminente du règne et du jugement de Dieu. Comme lui, il annonce le règne de Dieu. Mais il se sépare du Baptiste en ceci qu’il insiste sur l’amour plus que sur la colère de Dieu.

Le témoignage principal sur la vie historique de Jésus, qui était de Nazareth, en Galilée, où il commença son ministère, est celui des Évangiles. Or ces livres ne sont pas des biographies, mais des interprétations de sa vie dans une perspective catéchétique. Néanmoins, il est établi avec une relative certitude que Jésus a été un prédicateur itinérant, qui a réuni des disciples autour de lui, enseigné et opéré des guérisons. Il a voulu susciter une réforme du Judaïsme en annonçant la proximité de Dieu, en proposant une autre manière de comprendre sa volonté que celle offerte par la Loi juive et en désacralisant l’institution du Temple. Sur ces deux derniers points il a suscité l’opposition des chefs religieux, ce qui a conduit à son exécution sous la forme du supplice romain de la croix. Après sa mort, ses disciples se sont réunis autour de la foi en sa résurrection, qui l’authentifie comme le véritable envoyé de Dieu. Ainsi naît le mouvement de Jésus, qui est, à son origine, un mouvement de renouveau à l’intérieur du Judaïsme.

Les disciples de Jésus se regroupent d’abord à Jérusalem, où ils annoncent l’Évangile, la «bonne nouvelle» que Dieu s’est manifesté dans la personne de Jésus: le Messie (ou Christ) attendu. Parmi ceux qui s’intègrent à leur groupe se trouvent des Juifs qui ont vécu à l’extérieur de la Palestine et qui sont ouverts à la culture grecque et à son universalisme. Les disciples de Jésus venant de ce Judaïsme hellénistique sont plus critiques à l’égard des institutions juives que ceux venant du Judaïsme palestinien.

Les Juifs hellénisants provoquent des affrontements avec les chefs religieux et sont persécutés. Obligés de fuir, ils transmettent le contenu de la prédication de Jésus aux marges de la Palestine, en particulier dans des villes où les populations sont très mêlées, notamment à Antioche (Syrie), où se trouvent une diaspora juive et des adeptes de diverses religions orientales. Des non-Juifs sont convaincus par leur prédication et constituent avec des Juifs un groupe de disciples du Christ Jésus.

Le mouvement de Jésus dépasse alors les frontières du Judaïsme. Il accepte, en effet, des membres qui n’appartiennent pas au peuple de Dieu, ne portent pas la marque de leur appartenance au peuple juif (la circoncision) et n’obéissent pas aux réglementations juives (par exemple, sur le pur et l’impur). À Antioche, on donne aux adeptes de Jésus, le Christ, le nom de chrétiens. La rupture est consommée, le Christianisme est né.

Les premières communautés chrétiennes

Si la foi en la résurrection de Jésus, l’homme de Nazareth crucifié par les Romains mais toujours vivant et présent parmi les hommes, est au fondement du Christianisme, la signification de cette présence ainsi que le sens de la vie et de la mission de Jésus donnent lieu, dès l’origine, à des interprétations diverses.

Pour les adeptes de l’un des courants du Christianisme primitif, qui se retrouvent pour la prière, le baptême des fidèles et le repas commun, Jésus est avant tout le Messie annoncé, don’t on attend le retour. Pour ceux d’un courant proche, la foi chrétienne est avant tout une obéissance nouvelle, une fidélité au message de Jésus et à sa réinterprétation de la Loi juive. Différent des deux précédents, un autre courant, don’t le centre est Jérusalem, voit en Jésus le Juge de la fin des temps, qui envoie son Esprit à ses disciples. Quittant famille et biens, ceux-ci deviennent des prédicateurs itinérants; vivant dans l’attente de la fin du monde et pratiquant des actes de guérison, ils évangélisent la Palestine et la Syrie. Pour leur part, les chrétiens issus du judaïsme hellénistique orientent leur prédication vers les milieux non juifs. D’Antioche, leur quartier général, ils partent en mission pour porter en Méditerranée orientale leur confession de foi, qui donne la priorité à la croix et à la résurrection de Jésus pour le salut des hommes. Un dernier courant, mal connu, est celui du mouvement johannique, qui débute sans doute en Asie Mineure.

Chacun de ces courants a ses personnages emblématiques. Dans le cercle relativement large de disciples (hommes et femmes) qui entoure Jésus, notamment dans le groupe des Douze choisis comme apôtres («envoyés»), c’est Pierre qui se détache. Après la mort de Jésus, ses proches acquièrent aussi de l’influence: Jacques deviendra le chef de la communauté de Jérusalem après le départ de Pierre pour Rome. Les hellénistes sont représentés par Paul. Avec Pierre, il est l’une des deux grandes figures des origines.

Le Christianisme de la campagne palestinienne aux villes de l’Empire

La prédication de Jésus lui-même atteint un monde palestinien encore très paysan. Puis le mouvement de Jésus s’étend à la Syrie-Palestine et à ses villes. Le Christianisme naissant dépasse vite les frontières de religion et d’origine nationale, profitant de ce qui fait la force de l’Empire romain: ses routes terrestres et maritimes de la Méditerranée, sa langue de culture et d’administration. Il se propage dans les vastes marchés de biens culturels et religieux que sont les villes. La prédication chrétienne y bénéficie de l’attrait qu’exercent le monothéisme juif et la haute qualité de sa morale.

Dans les grandes villes de l’Empire, où vivent des communautés juives, les missionnaires proposent d’abord leur message dans le cadre des synagogues. Les sympathisants du Judaïsme (appelés les «craignant Dieu») sont attirés par cette prédication qui rompt avec un particularisme de type national. Mais l’insuccès du christianisme auprès des Juifs eux-mêmes fait que la nouvelle religion se répand de plus en plus dans un contexte où elle est confrontée aux modes de pensée religieux et philosophiques du monde hellénisé.

Fort abondantes au Ier siècle, les religions de salut provenant de l’Orient offrent une expérience mystique et un espoir dans l’au-delà à ceux qui s’y initient, tout en restant tolérantes entre elles. Le Christianisme , qui se trouve dans une situation de concurrence religieuse intense, se démarque par le fait qu’il propose un salut faisant l’objet d’une annonce publique (donc non réservé à des initiés) et qu’il refuse toute coexistence avec d’autres religions, toute forme de syncrétisme.

L’Empire romain laisse libre cours à cette profusion de religions, mais il impose une idéologie unitaire, qui est le culte de l’empereur. Dans ce contexte syncrétiste où un nouveau culte peut s’ajouter à un autre, le Judaïsme – affirmant qu’il y a un seul Dieu, l’unique objet de l’adoration humaine – observe un monothéisme strict et bénéficie d’une reconnaissance de cette conception particulière. Les chrétiens, également monothéistes, bénéficient d’abord du même statut que les Juifs, dispensés par la loi romaine du culte de l’empereur. Mais lorsque leur appartenance à une autre religion apparaît clairement, ils se trouvent fragilisés. De la seconde moitié du Ier siècle au Iie siècle, ils subissent de la part du pouvoir impérial des persécutions ponctuelles, puis de plus en plus fréquentes et systématiques au IIIe siècle et au début du Ive siècle.

Des communautés chrétiennes disparates

L’expansion du Christianisme s’organise autour de deux pôles: les prédicateurs itinérants et les groupes de sympathisants sédentaires que les premiers laissent après leur passage. Peu à peu se constituent des communautés locales qui prennent le nom d’Église (ecclesia, «assemblée convoquée», une institution typique de la cité grecque). Le terme va prendre une double signification: celle du groupe de croyants qui se rassemblent en un lieu donné, et celle de l’ensemble des croyants qui, dans leur totalité, constituent l’ Église du Christ . Ne possédant pas de bâtiment propre, les Églises réunissent dans des maisons particulières des gens d’origine sociale très variée (esclaves, hommes libres, classes montantes, petit peuple), à l’image des groupes qui entouraient Jésus en Palestine.

Ces communautés sont le plus souvent composées de chrétiens d’origine païenne (pagano-chrétiens) et de chrétiens d’origine juive (judéo-chrétiens) ou provenant de cercles proches. Cette disparité ne tarde pas à créer des problèmes: les chrétiens d’origine juive, attachés à leur identité et à leur appartenance au peuple choisi par Dieu, sont réticents à prendre les repas, en particulier l’eucharistie (le partage du pain et du vin, par lequel se constitue la communion des croyants et leur lien avec Dieu) en commun avec les chrétiens d’origine païenne, qui ignorent leurs préceptes alimentaires. Très tôt se pose la question de savoir s’il faut passer par le judaïsme pour pouvoir bénéficier de l’Évangile du Christ Jésus, s’il faut s’intégrer d’abord au peuple de Dieu par la marque d’appartenance de la circoncision et la pratique des réglementations juives pour bénéficer de la grâce (pardon gratuit) de Dieu. La conviction de l’apôtre Paul, le principal artisan de l’ouverture sans condition de l’Évangile aux païens, l’a emporté, non sans avoir entraîné des débats et des conflits.

Bible : Philosophie, origine et enseignement

Traduit en plus de 1 500 langues, souvent conservé à la place d’honneur dans les bibliothèques ou à portée de main dans les chambres d’hôtel, le livre le plus largement diffusé dans le monde est l’œuvre fondatrice de la culture judéo-chrétienne: les scènes de l’histoire du peuple juif, la Passion de Jésus et les visions apocalyptiques de saint Jean, sans cesse revisitées par l’art et la littérature, se sont imposées comme des témoignages universels du destin de l’homme. Les lois de l’Ancien Testament et le message moral du Nouveau Testament sont des composantes de la civilisation occidentale.

Le mot «Bible» recouvre des réalités différentes selon les utilisateurs. Les juifs, par qui le livre a été écrit et transmis à l’humanité, parlent souvent de la «Torah» (Loi) pour désigner les Écritures dans leur ensemble. Mais ils se servent aussi de la première lettre des trois grandes divisions: la Torah (la Loi), les Nebiim (les Prophètes), et les Kétoubim (les écrits) pour former le mot «Taanak». Pour eux, la Bible est composée de 34 livres. Ce chiffre est relativement faible parce que les juifs regroupent plusieurs livres en un (ainsi tous les petits prophètes sont comptabilisés comme un seul livre). Les deux appellations «Ancien Testament» et «Nouveau Testament» proviennent de l’apôtre Paul, et même si certains préfèrent parler du «premier» et du «second» Testament pour dissiper tout malentendu, ces termes traditionnels semblent s’être imposés. La Bible protestante comporte 66 livres et la Bible catholique 73. Les deux communautés sont d’accord sur les 27 livres du Nouveau Testament. En revanche, les protestants, parce qu’ils refusent les 7 écrits transmis en grec (et non en hébreu), ne dénombrent que 39 livres pour l’Ancien Testament.

Le mot grec biblia («livres») a été emprunté par le latin puis entendu comme féminin singulier. Si la Bible désigne une véritable bibliothèque, celle-ci, constituée sur plusieurs siècles, s’est progressivement transformée en un ensemble.

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